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03 ex-diplomates occidentaux pour le dialogue avec le Hamas

  •    Ayant, eux, déjà franchi le pas, l’américain Robert Malley, le français Yves Aubin de la Messuzière et le britannique Jeremy Greenstock ont eu plusieurs contacts avec des chefs du mouvement islamiste palestinien.
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  •    "Nous ne formons pas un trio, mais partageons ce constat: le Hamas existe. Il faut cesser la politique de l’autruche", note Malley, un ancien de l’équipe de Bill Clinton, devenu un analyste réputé.
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  •    Directeur Moyen-Orient du centre de réflexion International Crisis group (ICG), il avait du se distancer de la campagne de Barack Obama, une fois révélés ses contacts avec un groupe classé "terroriste" par Washington.
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  •    Défenseur d’une approche "pragmatique", il considère que les politiques mises en oeuvre pour isoler ou éliminer depuis trois ans le Hamas, au profit de son rival, le Fatah de Mahmoud Abbas, ont été "un échec cuisant". 
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  •    Pour lui, la guerre meurtrière de 22 jours menée par Israël dans la bande de Gaza, fief du Hamas, n’a fait que le renforcer "politiquement aux yeux de l’opinion palestinienne et arabe".
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  •    "Ce qui ne signifie pas nécessairement un dialogue direct avec le Hamas mais une réflexion sur comment traiter cette question de manière plus intelligente", sans croire "qu’il faut être plus gentil et que tout ira bien".
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  •    Lancer des passerelles avec le Hamas est aussi plaidé par un ex-patron du Moyen-Orient au ministère français des Affaires étrangères, Aubin de la Messuzière, qui estime incontournable le mouvement islamiste dans un processus de paix.
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  •    Mais lui soutient que le Hamas, issu du creuset des Frères Musulmans égyptiens, a fait sa mue idéologique et que sa charte, un brûlot antisémite, ne serait qu’un vieux document sans valeur.
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  •    Devenu chercheur, il a noué des contacts avec le Hamas jusqu’a se faire sévèrement désavoué à l’été par le Quai d’Orsay. "C’était une fatwa, je leur ai fait des notes, mais je n’ai jamais dit que j’étais en mission". 
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  •    La France s’orienterait vers un assouplissement des exigences posées au Hamas par le Quartette sur le Moyen-Orient (USA, UE, ONU et Russie) insistant davantage sur l’abandon de la violence que sur la reconnaissance d’Israël.
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  •    "C’est un bon pas. Exiger la reconnaissance d’Israël n’a aucun sens, cela serait l’aboutissement d’un éventuel dialogue", a-t-il dit. Pour Malley il est illusoire d’attendre cela du Hamas pour des raisons politiques et idéologiques.
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  •    Mais il faut "traduire" ces exigences "en termes concrets et digestibles", comme une trêve illimitée des violences et l’engagement d’accepter un accord de paix avec Israël qui serait plébiscité par le peuple palestinien.
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  •    Sur un mode engagé, Jeremy Greenstock, ex-ambassadeur britannique aux Nations unies, milite en faveur d’un dialogue sans conditions avec le Hamas, l’estimant modéré et dénué de liens politiques avec l’Iran.
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  •    Consultant pour l’ONG Forward Thinking, il a été sur la BBC jusqu’à dédouaner le Hamas de violences et à accuser ses rivaux, dont le Fatah, d’être responsables des tirs de roquettes vers le sud d’Israël.
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  •    Si leurs vues diffèrent sur la nature réelle du Hamas, les trois hommes sont fustigés sur des blogs où ils sont accusés de naïveté ou de faire le jeu du Hamas.
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  •    "Obama peut entendre mon opinion, mais il ne la partage pas", note Robert Malley, pour qui "le paradoxe est qu’il est plus facile de parler du Hamas en Israël, y compris avec les faucons, qu’aux Etats-Unis".
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  • Ennaharonline/ AFP

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