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A Paris, les jeunes occupent le pavé pour mettre Sarkozy "à la retraite"

  •    "Jeunes dans la misère, vieux dans la galère", "C’est tous ensemble qu’on va gagner": en criant ou en chantant, sous le soleil de la gare Montparnasse en route pour la Bastille, de nombreux adolescents battaient le pavé pour la première fois contre la réforme des retraites.
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  •    "Si tout le monde manifeste, on peut faire bouger le gouvernement, faire changer le texte" gouvernemental, affirme à l’AFP Louise, 15 ans, entourée d’une vingtaine de ses copines de son lycée parisien.
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  •    "On ne lâchera pas le morceau", renchérit Hugo, étudiant de 25 ans, qui estime que "c’est le gouvernement qui joue la radicalisation" en restant sourd face à une opinion publique très majoritairement hostile à son projet et qui est mobilisé pour la quatrième fois depuis début septembre.
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  •    Ils jugent tous qu’il n’est "pas trop tard", même si députés et sénateurs ont déjà voté les articles clés de cette réforme, sur le report de l’âge minimum de départ en retraite de 60 à 62 ans et le passage de 65 à 67 ans pour une pension à taux plein.
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  •    Certains se souviennent que le pouvoir avait reculé en décembre 2008, sur un projet de réforme contesté des lycées, et avait même renoncé à une loi déjà votée concernant les contrats d’embauche des jeunes en 2006.
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  •    "La mobilisation de la jeunesse est lancée et elle va être amplifiée dans les prochains jours", prévient Jean-Baptiste Prévost, le président de l’Unef, principale organisation estudiantine, en tête des cortèges lycéens et étudiants. Il compte "plusieurs dizaines de milliers" de jeunes "au niveau national" pour ces manifestations monstres, qui ont rassemblé au total mardi entre 1,2 million de personnes selon la police et 3,5 selon les syndicats.
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  •    "Il y a plus de jeunes, c’est net", souligne Isabelle Régnier, 50 ans, professeure de lettres et d’histoire, qui a participé à toutes les journées de grève contre la réforme depuis juin. Pour elle, c’est un signe encourageant dans le "bras de fer" qui "continuera" avec le gouvernement.
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  •    Chez les jeunes, si l’enthousiasme est au rendez-vous, les motivations restent diverses.
  •    Autocollant "Je lutte des classes" sur le dos, Marie, étudiante en sociologie de 21 ans, est surtout révoltée par "la situation des femmes" dont les carrières irrégulières en font les "vraies victimes de cette réforme". Elle aurait voulu "un référendum", pour pouvoir donner son avis.
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  •    A ses côtés, sa copine Coralie, 20 ans, cigarette aux lèvres, est avant tout venue "prendre la température". "De toutes façons, le gouvernement s’en fout. Il ne va pas bouger".
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  •    D’autres, comme Imen, étudiante de 24 ans, sont venus appeler à "chasser le roi" Sarkozy. Elle veut dire, pêle-mêle, son "ras-le-bol des tribunaux qui ferment, des hôpitaux qui étouffent, de la casse de l’emploi dans ce pays", où on propose désormais des "retraites au rabais".
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  •    De son côté, le gouvernement a déjà dit qu’il ne cèderait pas sur l’essentiel et mis en garde contre la "manipulation" de la jeunesse par les syndicats et l’opposition de gauche, assurant que c’est précisément pour elle que la réforme est nécessaire.
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  •    Pour Pauline, lycéenne de 17 ans de Palaiseau (sud-ouest de Paris), une réforme est nécessaire, mais "pas celle-là". Les accusations de manipulation la font sourire: "Nous, on a voté. Et on a décidé au niveau de notre lycée de manifester. C’est ça la démocratie et c’est ça que ce gouvernement ne veut pas comprendre".
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  • Ennaharonline

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