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Abdelhamid Abou Zeid, un chef dur et violent au sein d'Aqmi

  •    "Depuis deux ans" explique le chercheur français Jean-Pierre Filiu, auteur des "Neuf vies d’Al Qaïda", "Abou Zeid a étendu de manière spectaculaire son terrain d’action, avec une grande mobilité, kidnappant des touristes dans le sud de la Tunisie, ouvrant le front du Niger qui n’existait pas avant lui". 
  •    Né il y a 44 ans dans la petite ville de Tougourt (600 km au sud d’Alger), il devient membre à 24 ans du comité local du Front Islamique du Salut (FIS) puis bascule dans la lutte armée fin 1991. 
  •    "Selon sa famille", explique à l’AFP le journaliste algérien Mohamed  Mokeddem, qui dirige le journal Ennahar, "il a pris le maquis juste après l’attaque de la caserne de Guemmar (en novembre 1991, ndlr). Il était accompagné de son frère Béchir, qui a été abattu par l’armée algérienne en 1995. Jusqu’à la fin des année 90, il opère dans le maquis de Batna" (est de  l’Algérie). 
  •    C’est en 2003, lors du spectaculaire enlèvement de 32 touristes européens par ce qui était encore le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) dans le grand sud algérien, qu’Abou Zeid apparaît pour la première fois, en tant qu’adjoint du chef des ravisseurs, Abderazak le Para.
  •    "Les premières photos de lui ont été prises par ces otages, qui les ont publiées dans des médias allemands après leur libération", ajoute Mohamed Mokeddem, fin connaisseur des réseaux jihadistes algériens.
  •    Ces images montrent un homme de petite taille, presque frêle, portant une courte barbe. Dans un film amateur tourné par un membre d’Aqmi en 2007, que l’AFP a pu visionner en Mauritanie, Abou Zeid apparaît brièvement, l’air sombre et désapprobateur, aux côtés de jihadistes qui jouent dans l’eau autour d’une de leurs Toyotas embourbée dans un oued.
  •    En 2006, quand une brouille éclate entre Mokhtar Belmokhtar, l’un des principaux chefs du GSPC au Sahara et le chef suprême de l’organisation, Abdelmalek Droukdal, installé dans les maquis du nord de l’Algérie, Abou Zeid s’aligne sur la direction du mouvement. 
  •    En tant qu’adjoint de "l’émir du Sahara" Yahia Djouadi, il commande la katiba (groupe de jihadistes) Tareq Ibn Ziyad, quelque 200 hommes (essentiellement algériens, mauritaniens ou maliens) bien équipés et très mobiles, basés essentiellement dans le nord du Mali. 
  •    "Il a une connexion directe avec Al Qaïda Central, et notamment avec l’Egyptien Ayman Al Zawahiri, dont on connaît la virulence anti-française", selon Jean-Pierre Filiu. 
  •    "Cette prise d’otages va durer, mais ce qui est inquiétant c’est qu’il y a eu deux cas d’enlèvements dans lesquels cela a mal fini", rappelle-t-il, en référence aux kidnappings du touriste anglais Edwin Dyer, tué en juin 2009 et de l’humanitaire français Michel Germaneau, mort cet été, tous deux capturés par Abou Zeid et ses hommes.
  •    Une inquiétude que partage Louis Caprioli, ancien sous-directeur chargé de la lutte contre le terrorisme à la DST (contre-espionnage français). 
  •    "Abou Zeid va tout faire pour médiatiser l’affaire au maximum. Il va fixer des ultimatums. Il s’inspire de la stratégie de la terreur (de l’ancien chef d’Al Qaïda en Irak) Abou Moussab Al Zarkaoui, et c’est très inquiétant". 
  •    Peu après l’annonce de la mort d’Edwin Dyer, un responsable malien qui avait participé aux négociations avait confié à l’AFP: "Abou Zeid est un homme violent et brutal. Il est très dur en négociations. Il nous a reproché de travailler pour les blancs, qui pour lui sont des impies". 
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  • Ennaharonline

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