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Abou Rafie El Afghani: Je me suis repenti à Dieu, pas à la loi

  • Il a aussi été le cerveau de plusieurs massacres dans la région. ‘Abou Rafie El Afghani’ a préféré, dans son entretien à Ennahar, remonter aux jours où il activait au sein de l’organisation armée avant d’être convaincu par la réconciliation nationale.
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  • Abou Rafie raconte les tactiques utilisées par le groupe armé pour se procurer des armes et les munitions avec la maffia des armes à M’sila et Constantine et jusqu’aux limites avec Tébessa. Ce dernier a ensuite choisi la voie de la paix et la réconciliation.
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  • Qui est Abou Rafie El Afghani ?
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  • Abou Rafie El Afghani a rejoint les groupes armés en 1992 dans les rangs du Front Islamique Armé (AIS) où il a prit part à la première opération contre l’armée dans sa région natale – il refuse de dévoiler son nom- « J’y ai créé la terreur parmi les éléments de la police et de la sécurité jusqu’au jour où j’ai été arrêté en 1993 et emprisonné à Tazoult d’où je me suis enfui en 1994. J’ai alors rejoint les rangs de l’AIS, ensuite le GIA où j’ai été un des leaders dans la région de Jijel. J’ai aussi été chef d’une Saryate, ensuite émir avant de rejoindre la sixième circonscription où j’ai été chargé de la gestion. J’ai été responsable de l’armement et ce, grâce à des relations avec d’anciens du Fis dissous.
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  • Comment faisiez vous pour vous procurer des armes ?
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  • Sincèrement, c’était très difficile surtout après 1997, où la concorde civile était une entrave à cette opération. Avant, on faisait la concurrence entre nous pour ramener des armes en effectuant des liens avec la maffia des armes dans les régions de M’sila, Constantine et Tébessa. Les armes sont acheminées par les groupes de soutien dans la forêt et nous les transportons à nos frères dans la région de Skikda. Nous récupérons aussi les armes des gardes communaux que nous tuons.
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  • Aviez vous eu des problèmes de ravitaillement ?
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  • Il y avait beaucoup de problèmes surtout après la découverte de notre tactique par l’armée. Ceci nous a coûté beaucoup de perte en éléments qui ont été éliminés dans des accrochages avec les forces combinées ainsi que la destruction de plusieurs casemates que nous utilisions comme dépôts d’armes et de munitions.
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  • Quel a été votre rôle dans les assassinat commis par le groupe ?
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  • (Notre interlocuteur poursuit en pleurant) Moi, j’étais en guerre et la guerre est sans pitié. Effectivement, j’ai été la cause principale dans l’assassinat de plus de 30 personnes dans différentes régions de la wilaya de Skikda, notamment les villages et les douars. Nous vivions dans l’ignorance la plus totale. Mon rôle était aussi de recruter des éléments de soutien que je payais, mais en raison des doutes, j’en ai tué (égorgé ou par balles) plusieurs d’entre eux.
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  • Et à propos de vos problèmes avec les dirigeants ?

  • Un jour, en 2003, au sommet de la crise de ravitaillement, j’ai été convoqué par l’émir Youcef El Annabi et quelques chefs. J’ai été démis de mes fonctions et remplacé par une autre personne qui a lui aussi échoué. Moi, je me suis mis à faire la collecte d’argent des citoyens pour acheter des armes. J’ai réussi à ramasser d’importantes sommes d’argent et conclu des marchés, ce qui n’a pas été du goût des chefs qui m’ont alors muté à Annaba. C’est là que l’idée de me rendre m’est venue à l’esprit.
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  • J’avais des contacts, à Annaba, avec les anciens du GIA, qui se sont rendus et bénéficiés de la réconciliations nationale. Après de longues discussions avec eux, j’ai décidé de me rendre moi aussi.
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  • Regrettez vous ce que vous aviez fait ?
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  • Naturellement, je regrette beaucoup, bien que ce que j’avais fais au début était par conviction purement djihadistes suite à la vie menée dans les montagnes et les souffrances endurées à la prison de Tazoult. A l’époque, on parlait beaucoup du Djihad et nous étions tentés et excités. Ensuite j’ai commencé à découvrir la triste vérité. Nous étions devenus un moyen pour l’exécution des plans programmés.
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  • Un dernier mot ?
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  • Je fais un appel à tous les hommes armés qui sont encore dans les montagnes. Ces gens trompés et impliqués dans les activités armées. Je leur demande de se révolter contre leurs chefs. Je voudrais ajouter quelque chose d’important ; Je me suis repenti à Dieu et non pas à la loi.
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  • Ennahar/ Ben Sidi Achour

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