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Abus sexuel : plusieurs évêques dans la ligne de mire du parquet chilien

Le procureur chilien Emiliano Arias, qui centralise les enquêtes de dissimulation d’abus sexuels perpétrés par le clergé dans son pays, a confié vendredi à l’AFP avoir plusieurs autres évêques en ligne de mire.

D’autres évêques, « dont les actes sont en train d’être analysés, pourraient également être mis en cause », a expliqué le magistrat jeudi dans un entretien à l’AFP.
Le procureur régional devra notamment déterminer, lundi à Rancagua (centre), si l’archevêque de Santiago Ricardo Ezzati, convoqué ce jour-là, a « respecté ou non ses devoirs » de protection des victimes, au vu des accusations de dissimulation d’abus sexuels sur mineurs qui pèsent sur lui.

Selon Emiliano Arias, il est peu probable que Mgr Ezzati, qui est aussi cardinal, soit incarcéré puisque « la prison préventive est la mesure la plus sévère du code de procédure pénale avant une condamnation » et que le principe de « proportionnalité » s’applique. « La peine d’un complice doit être inférieure à celle de l’auteur », précise-t-il.
La plupart des preuves qui ont permis d’accuser Mgr Ezzati ont été récoltées au cours d’une perquisition à l’archidiocèse de Santiago, après le refus de l’Eglise catholique de remettre à la justice les documents demandés, en invoquant le respect des victimes. « L’Eglise aurait dû dénoncer (les faits) immédiatement. Son intérêt est que tout cela prenne fin », lance le procureur en charge de 19 des 38 enquêtes ouvertes par le parquet.

Pour l’heure, cinq évêques ont renoncé à leurs fonctions dans le cadre de ce scandale et le prêtre Oscar Muñoz, ancien bras droit de l’archevêque Ezzati, est en détention préventive pour abus sur au moins sept mineurs.
Les premiers procès auront lieu « dans un délai de six à huit mois », estime le procureur qui souligne « la grande difficulté » à prouver la culpabilité d’une personne dans les cas de dissimulation.
Si les enquêtes visent pour l’instant 158 membres de l’Eglise catholique chilienne et recensent 266 victimes, dont 178 étaient mineures au moment des faits, le nombre total des victimes reste « difficile à quantifier », car le nombre de dénonciations ne cesse d’augmenter. Le procureur précise également que la moitié des cas sont déjà prescrits.
Il différencie toutefois le cas chilien du récent scandale en Pennsylvanie, au nord-est des Etats-Unis, qui met en cause 300 prêtres pédophiles dont les agissement ont été couverts par la hiérarchie, selon la justice. Ici, « nous avons agi « contre les auteurs, encouragés par la « force » des victimes, souligne-t-il.

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