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Affaire « El-Bouchi » : Bouteflika déclare la tolérance zéro

Algérie – Presque en totale discretion, l’enquête sur l’un des scandales les plus retentissants de cette décennie, à savoir l’affaire Kamel « El-Bouchi » et les 701 kg de cocaïne, avance entre Alger et Oran en emportant de grosses pointures sur son chemin.

Selon une source proche du dossier qui s’est confiée à ALG24, la Présidence de la République suit de très près le développement de l’enquête. Le Président Bouteflika a ordonné, selon la même source, de ne tolérer aucune personne impliquée dans ce scandale quelque soit son statut ou son grade. Une politique de « tolérance zéro » a ainsi été déclarée pour cette affaire.

Depuis juin, des dizaines de cadres administratifs ont été licenciés, dont certains poursuivis et écroués. Selon notre source, le Président de la République ne tolérera aucun laxisme de la part des personnes chargées de l’enquête. A cet effet, c’est le ministre de la Justice, Tayeb Louh, qui a été chargé de suivre le dossier et d’informer la Présidence de la République.

Le scandale de cocaïne, un déclic pour la lutte anti-corruption ?

Depuis l’éclatement de l’affaire dite « Kamel El-Bouchi » et la révélation d’un scandale de corruption impliquant de hauts responsables, plusieurs administrations et même des partis politiques emboîtent le pas et adoptent une politique de « tolérance zéro » dans leurs structures.

En politique, c’est le RND qui a très vite compris le message présidentielle. En effet, le parti d’Ahmed Ouyahia a décidé, en un temps record, de l’exclusion d’un sénateur le même jour de la révélation, par le quotidien Ennahar, d’une affaire de corruption dans laquelle il était impliqué.

Cette décision prise illico presto par le RND renseigne sur la volonté du parti à afficher une image « clean ».

Tout géant est aux pieds d’argile

Dans l’enquête liée à la tentative d’introduction de 701 kg de cocaïne, des instructions ont été données par le Président Bouteflika pour ne tolérer aucune personne, quelque soit son statut.

Outre les personnes impliquées directement ou indirectement, les responsables, militaires ou civils, qui font preuve de laxisme ont été écartés. En effet, selon plusieurs observateurs, le limogeage, jeudi dernier, des deux puissants commandants des première et deuxième Régions militaires, respectivement les généraux-majors Habib Chentouf et Said Bey, serait justement en lien avec ce scandale.

Ces deux généraux-majors sont géographiquement concernés par ce scandale (Said Bey à la 2e RM d’Oran et Habib Chentouf à la 1e RM de Blida), mais n’auraient pas fait preuve d’une réaction rapide et efficace. La puissance et l’influence de ces deux généraux n’auront pas suffi pour les épargner.

Lire aussi : Vidéo – Qui est Houda, la fille qui écoulait la cocaïne de « Kamel El-Bouchi »

 

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