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Alger reconnaît de facto le conseil national de transition

  •    Mais le mot magique de "reconnaissance" n’est pas prononcé de source officielle, alors que l’Algérie s’est toujours rangée du côté de l’Union africaine (UA) dans son approche de la crise libyenne, affirmant pendant des mois sa "neutralité" dans les combats entre les insurgés et le régime de Mouammar Kadhafi.
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  •    L’UA a annoncé le 20 septembre qu’elle "reconnaissait" le CNT.
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  •    Depuis New York où il se trouve, le ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci a évoqué, dans une déclaration rapportée vendredi par l’agence APS, une coopération redevenue "normale".
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  •    "L’Algérie a décidé de travailler avec les nouvelles autorités libyennes et de faire que la coopération entre les deux pays redevienne une coopération normale, et je dirais même une coopération particulièrement renforcée dans tous les domaines", a-t-il dit.
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  •    Mais le ministre n’a prononcé à aucun moment le mot "reconnaissance".
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  •    "La position de l’Algérie a été basée, d’une part, sur la cohérence avec celle de l’Union africaine et d’autre part sur l’engagement du CNT à consolider l’unité du peuple libyen, qui est certainement l’objectif le plus important", a encore déclaré M. Medelci.
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  •    Dans un communiqué jeudi, le ministère des Affaires étrangères a souligné que l’Algérie, "ayant pris acte" notamment de la reconnaissance du CNT par l’UA, voulait "travailler étroitement avec les nouvelles autorités libyennes afin d’asseoir une coopération bilatérale féconde au bénéfice des deux peuples frères et pour favoriser les conditions de la préservation de la paix et de la sécurité et de la stabilité dans la région".
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  •    Le quotidien libéral El-Watan y voit vendredi une reconnaissance "du bout des lèvres" et "une façon de ne pas perdre la face".
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  •    Son confrère arabophone El Khabar ne s’embarrasse pas de nuances: 
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  • "L’Algérie reconnaît les nouvelles autorités en Libye", lisait-on en Une.
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  •    "Frilosité" face au chaos libyen
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  •    L’Algérie a fait preuve de "frilosité" vis-à-vis des événements depuis six mois chez son voisin, selon un diplomate étranger.
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  •    Il y a bien sûr eu la crainte exprimée de chaos en Libye et de l’entrée, par plus d’un millier de kilomètres de frontières communes en plein Sahel, d’armes libyennes, dont des missiles Sam, au profit d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
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  •    Le ministre délégué au Maghreb et à l’Afrique, Abdelkader Messahel, réitérait récemment que "la crise libyenne a créé une menace supplémentaire au Sahel", déjà confronté au "terrorisme" islamiste et au crime organisé.
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  •    Les Algériens s’interrogent aussi sur la nature du régime qui s’installe à Tripoli. Ils ont toujours demandé que le nouveau gouvernement, dont l’annonce a été retardée d’une dizaine de jours, soit "représentatif du peuple libyen avec toutes ses sensibilités".
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  •    Pourtant, les relations entre d’Alger et l’ex-"guide" libyen n’étaient pas au beau fixe, même si les deux pays se rendaient ponctuellement des services mutuels.
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  •    Depuis l’éclatement de la rébellion en Libye il y a six mois, et malgré le soutien officiellement accordé par Alger à une intervention de l’Otan pour protéger des vies humaines, les rebelles n’ont cessé d’accuser Alger de soutien à Kadhafi.
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  •    A plusieurs reprises, ils ont affirmé que les Algériens avaient dépêché des mercenaires et  des armes au colonel. Aux fermes démentis d’Alger s’étaient ajoutés ceux des Etats-Unis et de la France, notamment.
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  •    Puis Alger s’est attiré les foudres du CNT, après avoir annoncé le 29 août l’arrivée pou raisons "strictement humanitaires" de la seconde épouse du leader libyen déchu et de trois enfants Kadhafi: Mohammed, Hannibal et Aïcha, laquelle a accouché sur place. Alger a bien pris soin de préciser en avoir informé le CNT et l’ONU.
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  •    Depuis, l’Algérie a fait état à plusieurs reprises de contacts "directs" avec le CNT et dépêché à Paris le 1er septembre M. Medelci pour la conférence des amis de la Libye.
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  • Ennaharonline/ AFP

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