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Algérie: les islamistes échouent à récupérer les manifestations

  •    "Les islamistes ont perdu la guerre de l’opinion publique face au discours officiel qui les présente comme des tueurs, des égorgeurs d’enfants et de femmes", a assuré à l’AFP le politologue Ismaïl Mâaraf.
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  •    Les jeunes nés lors de la "décennie rouge", connectés au monde grâce à l’Internet et aux chaînes satellitaires, sont moins perméables au discours intégriste, fait-il remarquer.
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  •    Pourtant, de son exil au Qatar, l’ancien président du Front Islamique du Salut (FIS), Abassi Madani a appelé les partisans de sa formation, déclarée hors-la-loi en 1992, à rallier le mouvement de protestation contre la vie chère lancé il y a cinq jours.
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  •    Son adjoint, Ali Belhadj, s’est rendu à Bab el Oued, un quartier populaire d’Alger où il a été mal accueilli, alors que l’imam au visage ascétique était l’idole des jeunes il y a 20 ans.
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  •    Les prêches incendiaires de l’extrémiste algérien attiraient alors des dizaines de milliers de fidèles remontés contre le régime. Ils formeront les premiers bataillons de combattants quand le FIS passera à l’action armée après avoir été privé de sa victoire électorale aux premières législatives pluralistes de l’histoire du pays en décembre 1991.
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  •    Alors que venaient de commencer les émeutes la semaine dernière, l’imam n’a réuni autour de lui qu’une poignée de jeunes, et il a très vite été interpellé par la police.
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  •    "La tentative de récupération a totalement échoué" s’est réjoui auprès de l’AFP le ministre de l’Intérieur Dahou Ould Kablia.
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  •    "Tous les vendredis, Ali Belhadj va au autour d’une mosquée pour faire son petit cirque et de toute manière son audience est extrêmement limitée puisqu’à Bab El Oued il a été pris à partie par les jeunes, justement parce qu’ils ont vu qu’il voulait (les) récupérer comme en octobre 1988", selon le ministre.
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  •    Pour la première fois depuis l’indépendance du pays en 1962, une révolte de grande ampleur avait alors soufflé sur l’Algérie sur fond de contre-choc pétrolier et de baisse du cours des hydrocarbures. L’armée avait dû rétablir l’ordre au prix de dizaines de morts et de centaines de blessés.
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  •    Ebranlé sur ses bases, le régime du parti unique craquait et le pouvoir reconnaissait le multipartisme.
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  •    Cette ouverture allait surtout profiter au FIS qui tenait le discours le plus radical, promettant de balayer le régime "corrompu" responsable, selon lui, d’avoir mené le pays à la faillite.
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  •    Il promettait un "Etat islamique" plus juste, fondé sur la loi coranique.
  •    Son ascension fulgurante sera récompensée par un triomphe aux élections municipales et cantonales en juin 1990. Mais elle sera brisée après une nouvelle victoire aux législatives l’année suivante.
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  •    L’armée a alors mis fin à son projet et le pays a plongé dans une confrontation qui a fait plus de 200.000 morts.
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  •    Le déferlement de violence sous la forme de massacres de masse, d’attaques suicides, d’attentats à la voiture piégée, d’assassinats ciblés d’intellectuels, journalistes et artistes a fini par discréditer les dirigeants islamistes radicaux alors que les plus modérés ont rejoint le gouvernement.
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  •    Une génération est née au milieu de ces traumatismes.
  •    Alors que les islamistes algériens jouissaient d’une certaine bienveillance à l’étranger, ils ont fini par la perdre après les attentats anti-américains du 11 septembre 2001 et la guerre contre le terrorisme international qui s’en est suivie.
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  • Ennaharonline
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