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Algérie: Relaxe pour les non jeûneurs du Ramadan

  •    Le procureur avait demandé "l’application de la loi", soit deux à cinq ans de prison.
  •    "Ils ont été relaxés", a déclaré à l’AFP par téléphone un responsable de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme, Said Salhi.
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  •     Huit prévenus avaient été interpellés fin août par la police dans un centre commercial de la localité d’Ighzer Amokrane, à une dizaine de kilomètres d’Akbou, près de Béjaïa, en Kabylie, alors qu’ils buvaient du café dans un local commercial fermé, selon un de leurs avocats, Me Abderrezak Ammar-Khodja.
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  •    La neuvième personne déférée devant le tribunal, un jeûneur qui se trouvait dans le centre commercial, "avait pris la fuite, pris de peur". Il a finalement témoigné sans être inculpé, a indiqué à l’AFP l’avocat Me Ammar-Khodja. 
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  •    Un seul des inculpés, le propriétaire des locaux, était resté incarcéré jusqu’au 6 septembre.
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  •     "Nous sommes très satisfait. Il s’agit d’un très très bon jugement, c’est un acquis", s’est félicité l’avocat. "S’il n’y avait pas eu de mobilisation, ils auraient été condamnés", a-t-il encore affirmé.
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  •    Un collectif d’avocats s’est constitué pour les défendre, s’appuyant, a-t-il expliqué à l’AFP, sur "l’artice 36 de la Constitution relatif à la liberté de conscience et d’opinion".
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  •    A l’extérieur du tribunal rempli à craquer, environ 200 militants, hommes politiques, élus avaient attendu le verdict sous la pluie, selon des témoins.
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  •     Le responsable du Collectif SOS Libertés, un groupe de défense des libertés notamment religieuses, Arezki Aït-Larki, s’est aussi félicité du dénouement et de la "sérénité" des débats. "Le droit et la loi ont prévalu", a-t-il déclaré à l’AFP.
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  •    M. Salhi a estimé que la victoire a été obtenue "grâce à la mobilisation de la population, au soutien des avocats. Justice a été rendue", a-t-il applaudi.
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  •    Plusieurs procès ont été intentés ces derniers mois contre des Algériens pour "non respect des préceptes de l’islam", notamment des chrétiens.
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  •    Mi-octobre, un jeune, Fares Bouchouata, a écopé de deux ans de prison ferme et de 100.000 dinars (1.000 euros environ) d’amende pour n’avoir pas jeûné fin août durant le ramadan à Oum El Bouagui, à environ 500 km au sud-est d’Alger, selon la presse algérienne.
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  •    Le procureur avait ensuite indiqué, selon le journal Al-Watan Week-end, qu’il avait aussi été condamné pour destruction de bien d’autrui en ayant cogné sa tête contre une vitre du commissariat qu’il avait brisée.
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  •    Deux chrétiens non jeûneurs avaient été relaxés le 5 octobre à Ain el Hammam (est) alors que le procureur avait requis trois ans de prison ferme.
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  •    Un procès est prévu le 28 novembre contre quatre convertis au protestantisme poursuivis pour "ouverture illégale d’un lieu de culte" à Larbaâ Nath Irathen, près de Tizi Ouzou, en Kabylie.
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  •    Le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia avait déclaré le 21 octobre devant l’Assemblée nationale que la liberté de culte sera "toujours garantie" en Algérie, où l’islam est religion d’Etat.
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  • Ennaharonline

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