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Aqmi rouvre les négociations, selon l'expert Mohamed Mokeddem

  •    Mais les tractations en vue d’une éventuelle libération des quatre autres prisonniers, tous Français, kidnappés en septembre à Arlit, seront certainement plus serrées, ajoutent-ils.
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  •    De source sécuritaire malienne, on estimait d’ailleurs que les quatre français qui restent aux mains d’Aqmi risquent encore de l’être pendant de longs mois et qu’ils seront utilisés pour faire monter les enchères à l’approche de la présidentielle de 2012 en France.
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  •    "Abou Zeid (le chef d’Aqmi qui détient les otages) a pris la décision de recommencer les discussions avec Paris, de donner un signal d’apaisement", analyse l’Algérien Mohamed Mokeddem, auteur notamment du livre "Al-Qaïda au Maghreb islamique, contrebande au nom de l’islam". 
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  •    Selon lui le raid des forces spéciales françaises, qui a échoué le 7 janvier à libérer deux Français kidnappés à Niamey mais a fait plusieurs tués dans les rangs d’Aqmi, a sans doute fait réfléchir Abou Zeid, "qui a compris qu’il n’était plus invulnérable dans la région".
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  •    "Rouvrir des négociations, c’est aussi garantir la sécurité de ses sanctuaires dans la zone du nord du Mali", dit-il.
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  •    "Abou Zeid a repris en main le dossier: cela prouve que les déclarations selon lesquelles il fallait négocier avec ben Laden n’ont jamais été sérieuses", ajoute Mohamed Mokeddem, joint au téléphone depuis Alger. "Cela n’a jamais été une solution, tout le monde le savait, c’était plutôt de l’ordre du symbole et de la posture politique".
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  •    Comme lors de négociations précédentes, qui ont abouti à la libération d’Occidentaux au Sahel, d’incontournables intermédiaires locaux ont mené les tractations.
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  •    Cette fois, l’équipe de médiateurs maliens et nigériens était composée notamment d’un élu et d’un ancien haut fonctionnaire. 
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  •    "Nous sommes restés dans le Sahara pendant une semaine pour obtenir ces libérations", a confié à l’AFP une source proche de la médiation. "Les ravisseurs ont parlé de libération pour des raisons humanitaires. Les négociations de dernière minute n’ont pas été faciles". 
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  •    Le choix des deux otages africains et de la française Françoise Larribe, sous traitement pour un cancer, ne doit rien au hasard, estime pour sa part Jean-Pierre Filiu, spécialiste de l’islamisme radical à Sciences-Po.
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  •    "On peut imaginer que les deux otages togolais et malgache ont été libérés du fait de l’impossibilité d’exercer un chantage public sur leurs gouvernements respectifs, leur cas n’ayant d’ailleurs jamais été mentionné par la propagande d’Al-Qaida", dit-il. 
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  •    Une rançon d’un montant inconnu aurait toutefois été payée pour la libération des trois personnes, selon une source proche de la médiation, sans préciser qui l’aurait éventuellement versée.
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  •    "Quant à Françoise Larribe, ses ravisseurs ont peut-être craint des complications en termes de santé. Ils ont de toutes façons +compensé+ par avance sa libération en kidnappant une touriste italienne, le 2 février dans le sud de l’Algérie", ajoute M. Filiu, auteur notamment de "L’Histoire véritable d’Al-Qaida".
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  •    Même si, contrairement aux kidnappings précédents, Abou Zeid n’a cette fois pas posé d’ultimatum pour les quatre otages -employés par le groupe nuléaire Areva et son sous-traitant Satom- qu’il détient encore, la suite des négociations s’annonce difficile.
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  •    "Aqmi ne va jamais accepter de perdre la face. Ils seront obligés d’être très intransigeants, c’est une question de crédibilité", analyse Oumar Diarra, sociologue et enseignant à l’université de Bamako, contacté par téléphone. 
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  •    La spécialiste française Anne Giudicelli, qui anime à Paris le cabinet "Terrorisc", va dans le même sens: "Les négociateurs ont réussi à libérer une partie mais maintenant on va arriver au noyau dur. Ca va être plus tendu, plus serré", dit-elle. "Cela leur permet de faire monter les enchères, d’arriver à un deuxième niveau de négociation".
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  • Ennaharonline

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