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Armée et islamistes à couteaux tirés à la fin de la présidentielle en Egypte

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 Les Egyptiens votaient dimanche pour le  dernier jour de l’élection présidentielle qui oppose un ancien dirigeant de  l’ère Moubarak à un Frère musulman, dans un climat tendu entre les islamistes  et l’armée qui cherche à consolider ses pouvoirs.    Les bureaux de vote, ouverts depuis samedi, vont fermer à 22h00 locales  (20h00 GMT), soit deux heures plus tard que prévu afin de favoriser la  participation.    Un responsable de la commission électorale a indiqué à l’AFP que le taux de  participation "semblait" inférieur à celui enregistré au premier tour. Mais il  n’était pas clair si cela est dû aux températures caniculaires qui frappent le  pays.    De petites queues avaient commencé à se former dans la matinée devant les  bureaux, qui ont ouvert à 06H00 GMT sous protection policière et militaire.    La commission électorale doit annoncer les résultats officiels le 21 juin,  mais ils pourraient être connus avant.    Les quelque 50 millions d’électeurs sont appelés à choisir entre le dernier  Premier ministre du président déchu Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq, et le Frère  musulman Mohammed Morsi.    "Chafiq est l’homme qui convient à ce stade de la vie du pays. Il nous faut  de la tranquillité et de la stabilité", a déclaré à l’AFP Osmane, un  fonctionnaire de 55 ans.    Mais près de lui sur la place Tahrir, symbole du soulèvement qui a renversé  Hosni Moubarak l’an dernier, Marwan Adel, un instituteur de 30 ans, affirmait  que "l’armée aura toujours Tahrir face à elle". "Nous sommes prêts à reprendre  la révolte", a-t-il assuré.    Le deuxième tour se déroule dans un climat de tourmente politique et  légale. La tension est montée d’un cran avec l’annonce officielle samedi par le  Conseil suprême des forces armées (CSFA, au pouvoir) de la dissolution de  l’Assemblée du peuple.    L’Assemblée, dominée par les islamistes, a été dissoute en application d’un  arrêt de la Haute cour constitutionnelle jeudi, annulant les législatives au  motif d’un vice juridique dans la loi régissant le scrutin.    Faute de députés, l’armée récupèrerait le pouvoir législatif et le contrôle  des finances publiques en attendant de nouvelles élections dont la date n’est  pas encore connue, selon des sources militaires.    Les Frères musulmans, désormais privés d’une institution où ils disposaient  de près de la moitié des sièges, ont fustigé "la volonté du Conseil militaire  de s’emparer de tous les pouvoirs".    Le parti de la liberté et de la justice (PLJ), émanation de la confrérie, a  dénoncé "une agression flagrante contre la révolution".    Les Frères musulmans réclament que la question de la dissolution de  l’Assemblée soit réglée par un référendum.    L’armée s’apprêterait également à annoncer une révision de la composition  de la commission chargée de rédiger la Constitution, qui était dominée par les  islamistes.    Le pays n’a toujours pas de Constitution pour remplacer celle suspendue  près le départ de M. Moubarak, ce qui laisse les pouvoirs présidentiels dans  le flou.    "Le chef de l’Etat entrera dans le palais présidentiel au milieu d’un vide  légal et constitutionnel terrifiant", écrit le commentateur politique Hassan  Nafaa dans le quotidien indépendant Al-Masri al-Yom.    Seize mois après la chute de M. Moubarak, le prochain président, à qui  l’armée promet de remettre le pouvoir d’ici la fin du mois, doit faire aussi  face à une situation économique préoccupante et à de graves incertitudes  politiques.    Sur le plan sécuritaire, l’armée a retrouvé le droit d’arrêter des civils,  une mesure vivement dénoncée par des organisations de défense des droits  civiques qui l’assimilent à une forme de "loi martiale".    Plusieurs analystes estiment que cette mesure et la dissolution de la  chambre des députés permettront à l’armée de rester maîtresse du jeu quelle que  soit l’issue de la présidentielle.    Ancien commandant en chef de l’armée de l’air, M. Chafiq, 70 ans, a fait  campagne sur le thème de la stabilité, chère à de nombreux Egyptiens après plus  d’un an d’une transition politique chaotique. Il est soutenu par de nombreux  Coptes (chrétiens d’Egypte), inquiets d’une victoire islamiste.    M. Morsi, un ingénieur de 60 ans, a de son côté cherché à gommer son image  d’islamiste conservateur pour se présenter comme le seul recours des partisans  de la "révolution" contre un retour de l’ancien régime.    Ce duel politique a mis dans le désarroi de nombreux électeurs, qui avouent  devoir choisir entre "le moins pire" des deux candidats ou se réfugier dans  l’abstention.    Pendant ce temps, M. Moubarak, 84 ans, est détenu dans une aile médicalisée  de la prison de Tora, au sud du Caire, après sa condamnation le 2 juin à la  perpétuité pour son rôle dans la répression de la révolte de 2011.
 

Algerie – ennaharonline

 
 
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