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Armez-nous pour nous sauver, implore un ancien détenu libyen

  •    Ahmed al-Zoubair el-Senoussi a passé 31 ans en prison, sous les tortures et les privations, pour complot contre le colonel Kadhafi. Il voulait donner au peuple le choix entre restaurer la monarchie ou remplacer le régime de M. Kadhafi par une Constitution républicaine.
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  •    "J’appelle le monde à aider, à apporter tout le soutien possible, aussi vite que possible, et à traduire leurs paroles en action", déclare le septuagénaire à l’AFP, autour d’un thé à la menthe et de petits fours dans une maison de Benghazi, siège de l’opposition.
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  •    "Nous avons besoin d’armes et tout le soutien possible. C’est nous qui combattrons, mais nous avons besoin de soutien", dit-il. "Notre but maintenant est de sauver notre peuple".
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  •    "J’appelle le Conseil de sécurité (de l’ONU) à aider le peuple sans défense et désarmé de Libye contre ce régime de ténèbres. Nous voulons des actes, pas des discussions", ajoute-t-il.
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  •    Il a exulté quand la France a reconnu jeudi comme "représentant légitime" de la Libye le Conseil national de transition (CNT) établi par l’opposition et au sein duquel il est chargé des affaires liées aux prisonniers.
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  •    Pour lui, l’insurrection actuelle signifie que son calvaire dans les geôles du régime n’aura pas été vain. "Cette révolution est le résultat de toutes les révolutions qui ont échoué ces 42 dernières années. Cette révolution vraiment bénie a surpris le monde", se réjouit-il.
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  •    "J’ai été surpris", confesse-t-il dans un sourire, "qu’une manifestation pacifique se transforme en une révolution dont le monde entier a entendu parler", dit l’ancien détenu.
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  •    Mais dimanche, la panique grandissait à Benghazi au fur et à mesure que les forces gouvernementales se rapprochaient, repoussant les insurgés à coups de raids aériens et d’artillerie lourde.
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  •    M. Senoussi, qui a expérimenté dans sa chair la violence du régime, n’a qu’un seul conseil: "Il faut qu’ils soient unis et patients, parce que la victoire vient avec la patience. La preuve en a été faite avec la résistance britannique et française durant le Seconde guerre mondiale".
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  •    Arrêté en 1970, il a été condamné à mort deux ans plus tard et a passé les neuf années suivantes à l’isolement, sans pouvoir voir la lumière du jour ni recevoir de visite. Pendant cette période, son épouse, sa mère et ses oncles sont décédés.
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  •    "La première fois que Kadhafi a autorisé ma famille à me rendre visite, et la première fois que j’ai vu la lumière, c’était en 1988", raconte-t-il.
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  •    Aux tortures physique se sont ajoutées les tortures psychologiques: "Jusqu’à ma grâce en 2001, chaque fois que s’ouvrait la porte, je pensais qu’ils venaient me chercher pour m’exécuter", raconte-t-il.
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  •    Gracié en août 2001, il a reçu en compensation 131.000 dinars de compensation (environ 77.200 euros) ainsi qu’une pension mensuelle de 400 dinars.
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  •    Petit-neveu du roi Idris Ier, couronné après l’indépendance de la Libye en 1951 mais chassé par le colonel Kadhafi à l’issue d’un coup d’Etat en 1969, Ahmed al-Zoubair el-Senoussi n’en demeure pas moins républicain de coeur: "Une république est meilleure, parce que les gens veulent que le pouvoir soit partagé et non confisqué par une famille ou une personne".
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  • Ennaharonline

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