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Attentat de Djerba: l'ombre de Khalid Cheikh Mohammed sur la cour d'assises

  •    Accusé d’en avoir été l’instigateur et le donneur d’ordre, le Pakistanais, considéré comme le cerveau des attaques du 11 septembre 2001, est actuellement jugé par la justice militaire américaine à Guantanamo, devant laquelle il plaide coupable et risque la peine de mort.
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  •    Dans l’affaire de Djerba, il n’a pas été entendu par le juge d’instruction français Jean-Louis Bruguière. Il n’a fourni aucun témoignage et il n’a jamais été question qu’il puisse comparaître devant la cour française spécialisée dans les affaires de terrorisme et composée uniquement de sept magistrats professionnels.
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  •    C’est ce que regrette l’autre principal accusé, l’Allemand converti à l’islam Christian Ganczarski, lui aussi accusé de complicité avec le kamikaze Nizar Nawar, qui a tué, en faisant exploser son camion piégé contre la synagogue, 21 personnes, dont 14 Allemands, 5 Tunisiens et 2 Français.
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  •    C’est la présence de Français parmi les victimes qui a permis le déclenchement d’une procédure en France.
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  •    "Les victimes et moi-même avons le droit de connaître la vérité", a fait valoir Christian Ganczarski. "Il s’agit d’assassinat, je suis mis en cause dans une affaire dont je ne suis pas l’auteur (…) Khalid Cheikh Mohammed est la personne qui sait des choses sur cet attentat, mais elle n’est pas entendue".
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  •    L’Allemand est accusé d’avoir donné le feu vert à l’attentat lors d’un coup de fil que lui a passé le kamikaze. Il avait ensuite tenté de contacter Khalid Cheikh Mohammed quelques minutes avant de se faire sauter.
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  •    "Je ne souhaite pas qu’il vienne ou que l’on organise une vidéo-conférence, je souhaite qu’il fasse une déclaration écrite", a ajouté Christian Ganczarski, 42 ans, qui a ajouté: "Il faut que ce témoin important puisse témoigner d’une façon ou d’une autre".
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  •    Son défenseur, Me Sébastien Bono, et celui du troisième accusé, Walid Nawar, frère du kamikaze, ont demandé au président de la cour de décider un report du procès, en attendant de trouver un moyen d’interroger Khalid Cheikh Mohammed.
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  •    "C’est peut-être la seule personne vivante qui sache tout de cet attentat", a plaidé Me Bono, qui suggère l’organisation d’une liaison en vidéo-conférence avec Guantanamo. "Il va être exécuté aux Etats-Unis. Si vous ne demandez pas son témoignage, la cour sera privée de l’unique témoin", a fait valoir l’avocat.
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  •    Mais pour l’avocat général Christophe Tessier et pour Me Georges Holleaux, le principal défenseur des parties civiles (parents d’un touriste français tué dans l’explosion), le procès peut et doit avoir lieu.
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  •    "Tout le monde sait", a lancé Christophe Tessier, "que les déclarations faites à Guantanamo sont obtenues dans des conditions qui vous mettraient, Monsieur le président, dans des conditions difficiles…"
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  •    "Et une vidéo-conférence", a-t-il ajouté, "n’est pas une solution: "Khalid Cheikh Mohammed est accusé et tout accusé doit selon la loi assister à tous les débats. Il peut être jugé par défaut, puisque bien évidemment il ne peut pas venir à l’audience". 
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  •    Et pour Me Holleaux, "nous avons deux accusés présents, nous avons des familles depuis sept ans dans la souffrance… Qu’on ne nous dise pas qu’il faut renvoyer le procès ! Un co-accusé qui ne se présente pas peut être jugé, le code le prévoit. Ce procès doit se tenir".
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  • Ennahar/ AFP

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