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Belgique: le foulard d'une députée relance la polémique sur le voile

  •    Mahinur Özdemir, 26 ans, diplômée en sciences politiques, devait prêter serment en début d’après-midi en tant que députée du Parlement régional de Bruxelles, dont elle est depuis le 7 juin la plus jeune élue.
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  •    Fille de petits commerçants turcs, elle est membre du Centre démocrate humaniste (CDH), l’ancien parti social-chrétien francophone.
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  •    Elle porte le foulard "de sa propre initiative", dit-elle, et n’entend pas l’enlever durant son mandat.
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  •    Mahinur Özdemir fait partie de la vague d’élus d’origine étrangère, principalement marocaine et turque, entrée depuis 10 ans au parlement régional de Bruxelles, une ville dont le tiers de la population est musulmane, selon une étude réalisée en 2008 par l’Université catholique de Louvain.
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  •    La plupart des candidats issus de l’immigration défendent les couleurs de formations "traditionnelles" comme le PS ou le CDH et réalisent souvent de bon scores aux élections, contrairement au parti "communautariste" musulmans.be, qui n’a recueilli que 0,99% des suffrages le 7 juin.
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  •    Mahinur Özdemir sera néanmoins la première élue d’une assemblée belge à porter le voile.
  •    Et pendant que Nicolas Sarkozy affirmait lundi que la burqa n’était "pas la bienvenue" en France, le foulard de la jeune femme déclenchait les protestations de quelques élus du Mouvement Réformateur (MR), le parti libéral francophone belge proche de l’UMP.
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  •    Le député MR Denis Ducarme a ainsi proposé dès samedi que les "signes religieux ou philosophiques distinctifs" soient interdits dans les assemblées du royaume, mais son idée a été critiquée jusque dans son propre camp.
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  •    Le président du Sénat, le libéral Armand De Decker, a ainsi estimé que "rien ne s’oppose" à ce qu’un "mandataire politique décide de porter un signe distinctif".
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  •    La Belgique est en effet "un Etat neutre", et non laïc, explique le directeur du Centre pour l’Egalité des chances, Edouard Delruelle. "On y intègre les différentes convictions en présence. L’école publique est un bel exemple: on y dispense à la fois des cours de religion catholique, protestante, islamique, israélite et des cours de morale laïque", dit-il.
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  •    L’autorisation ou l’interdiction du port du voile par les élèves est donc laissée à l’appréciation des directeurs d’école. Qui sont de plus en plus nombreux à le bannir, à l’image de deux lycées anversois qui ont annoncé cette décision mardi.
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  •    Dans l’administration, il est généralement admis que les fonctionnaires exerçant une mission relevant de la force publique – policiers ou magistrats notamment – soient interdits de voile. Mais la question n’est pas tranchée pour les autres fonctionnaires.
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  •    La "cellule diversité" du ministère de la Justice, dans une note interne dévoilée mardi par la presse, a alimenté le débat en proposant que "tous les fonctionnaires" de ce département, y compris ceux en contact avec le public, soient autorisés à porter des signes religieux.
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  •    La "neutralité des agents" n’est pas liée à leur apparence, a estimé cette cellule, dont l’avis n’est que consultatif. Une opinion que ne partage pas l’organisme représentatif du mouvement laïc belge, qui rappelle mardi qu’il "milite depuis toujours pour une séparation claire des Eglises et de l’Etat".
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  • Ennaharonline/ AFP

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