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Bombardement soudanais au Soudan du Sud malgré le traité de non-agression

 Des avions soudanais ont bombardé dimanche  une zone septentrionale du Soudan du Sud, moins de 48 heures après la signature endredi soir à Addis Abeba d’un pacte de non-agression entre les deux ex-ennemis, a indiqué mardi un porte-parole de l’armée sud-soudanaise à l’AFP. Des appareils des Forces armées soudanaises ont bombardé dimanche la zone  de Jau, dans l’Etat d’Unité, blessant quatre de nos soldats", a déclaré ce  porte-parole, Philip Aguer. "Des avions Antonov ont lâché plusieurs bombes."   Le ministre de l’Information de l’Etat d’Unité, Gideon Gatpan, a confirmé à  l’AFP que la zone de Jau avait été la cible de "plusieurs bombardements" dimanche.  Le Soudan du Sud, qui a proclamé en juillet son indépendance d’avec le  Nord, auquel l’ont opposé des décennies de guerre civile, accuse régulièrement  Khartoum de bombarder des zones frontalières contestées de son territoire, des  accusations démenties par Khartoum.  La zone de Jau a été ces derniers mois bombardée plusieurs fois et a été le  théâtre de combats entre armées des deux pays. Elle borde l’Etat du Kordofan du  Sud, en territoire soudanais, où des rebelles – anciens membres de la rébellion  sud-soudanaise devenue l’armée officielle du Soudan du Sud – continuent de  combattre les forces de Khartoum.   Khartoum et Juba ont signé vendredi soir dans la capitale éthiopienne un traité de "non-agression" à propos de leur différend territorial.    Mais selon M. Aguer, ce bombardement montre que l’accord n’est pas pris au  sérieux par Khartoum. "Rien n’a changé, ils continuent comme d’habitude", a-t-il estimé.    Selon le texte du "traité de non-agression", les deux parties se sont engagées "à respecter mutuellement leur souveraineté et leur intégrité  territoriale respectives" et "à s’abstenir de lancer toute attaque, notamment des bombardements". Les tensions frontalières n’ont cessé de croître depuis l’indépendance du  Soudan du Sud en juillet.  Elles s’ajoutent à un différend sur le pétrole, que les deux Etats essaient  de résoudre à Addis Abeba, sous l’égide de l’ex-président sud-africain Thabo  Mbeki et de l’Union africaine (UA), sans avancée notable jusqu’ici.    A son indépendance, le Sud a hérité des trois quarts de la production  pétrolière de l’ancien Soudan, soit environ 350.000 barils/jour, mais reste  totalement dépendant des infrastructures du Nord pour exporter. Les  négociations butent sur les frais de passage que le Soudan réclame.    Faute d’accord, Khartoum a pour l’instant décidé de se payer en nature et a  admis avoir détourné au moins 1,7 million de barils, à la fureur de Juba, qui a  décidé de stopper sa production de brut, dont le jeune Etat tire pourtant 98%  de ses revenus. Juba a également réclamé que tout accord signé à Addis Abeba  prévoie une résolution des questions frontalières et des zones contestées.   Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a prévenu vendredi que ces  tensions pourraient dégénérer si les problèmes en suspens n’étaient pas résolus. Début février, les présidents sud-soudanais, Salva Kiir, et soudanais,Omar el-Béchir, n’ont eux-mêmes pas exclu la possibilité d’une nouvelle guerre.   Au moins 105.000 réfugiés soudanais ont fui vers le Soudan du Sud depuisque les combats ont éclaté en 2011 dans les Etats soudanais du Kordofan du Sudet du Nil Bleu, où Khartoum cherche à asseoir son autorité depuis la sécession du Sud.    

 

 

 

 Algérie- ennaharonline

 

 

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