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Bosnie: les musulmans commémorent le massacre de Srebrenica

 Les musulmans de Bosnie commémoraient  mercredi le génocide de Srebrenica de 1995, au moment où les responsables du  massacre, les Serbes de Bosnie Ratko Mladic et Radovan Karadzic sont jugés par  la justice internationale, après des années de cavale.    Dans un communiqué diffusé à l’occasion du 17ème anniversaire du massacre,  le président Barack Obama a dénoncé les tentatives de "nier le fait  indiscutable qu’un génocide" s’est produit dans cette région de Bosnie  orientale. Le Premier ministre britannique David Cameron a lui aussi tenu des  propos similaires, selon un communiqué de presse.    Début juin, peu après son élection, le nouveau président serbe, le  nationaliste populiste Tomislav Nikolic avait nié dans une interview  l’existence de ce génocide soulevant un tollé général.    Dans la journée, 520 victimes du massacre, retrouvées et identifiées depuis  l’anniversaire précédent, seront mises en terre.    "C’est de la douleur, une douleur sans fin. Et lorsque le 11 juillet  arrive, chaque année, cette douleur devient insupportable", lance en pleurant  Sevdija Halilovic, venue au centre mémorial de Potocari, près de Srebrenica,  pour les funérailles de son père.    "Les restes de mon père ont été exhumés de deux fosses communes. Mes deux  frères ont aussi été tués dans le massacre, mais ils n’ont pas encore été  retrouvés", ajoute cette femme âgée d’une cinquantaine d’années.    Le 11 juillet 1995, quelques mois avant la fin du conflit  intercommunautaire de 1992-95, les troupes serbes de Bosnie avait pris le  contrôle de Srebrenica, enclave musulmane proclamée en 1993 "zone protégée" de  l’ONU.    Quelque 8.000 hommes et adolescents ont été tués en l’espace de quelques  jours. Ce massacre a été qualifié de génocide par la justice internationale.    L’enterrement des victimes exhumées des fosses communes et identifiées est  organisé chaque année au centre mémorial de Potocari à l’occasion de  l’anniversaire du massacre. A ce jour, 5.137 victimes ont été enterrées dans le  cimetière du mémorial.    Au moins 30.000 personnes devraient participer cette année à la cérémonie  commémorative, selon les organisateurs.    Après avoir échappé à la justice internationale pendant des années, les  ex-chefs militaire et politique des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic et Radovan  Karadzic, sont enfin jugés par le Tribunal pénal international pour  l’ex-Yougoslavie (TPIY).    Le procès de l’ex-général Mladic, 70 ans, a repris lundi avec la déposition  du premier témoin de l’accusation.    Inculpé des mêmes chefs d’accusation, Radovan Karadzic, 67 ans, a été  arrêté en juillet 2008 à Belgrade après s’être caché pendant treize ans. Son  procès s’est ouvert en octobre 2009.    Mais les familles des victimes ont du mal à croire que justice sera faite.    "Leur procès va durer des années", peste Fatima Mujic, venue enterrer son  frère.    "Et à la fin, ces deux sauvages vont mourir avant d’être condamnés, comme  Slobodan Milosevic, et les Serbes vont continuer à dire qu’il n’y a pas eu de  génocide à Srebrenica", ajoute cette femme de 39 ans, dont le mari a aussi été  tué dans le massacre.    Lui aussi inculpé, entre autres, du massacre de Srebrenica, l’ancien homme  fort de Serbie, Slobodan Milosevic, est mort en 2006 dans la prison du TPIY  avant la fin de son procès.    "Ils veulent des témoins ? Voici des témoins ! Il ne faut pas aller  chercher plus loin", s’emporte Muniba Cakar, 63 ans, qui enterrera son mari, en  montrant des milliers de pierres tombales dans le mémorial de Potocari.
 
 

Algerie – ennaharonline

 

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