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Bouteflika, artisan de la paix, de nouveau confronté à un ennui de santé

   Considéré comme le principal artisan de la  réconciliation nationale après une guerre civile de près de dix ans en Algérie,  le président Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé à Paris après un accident  vasculaire cérébral, a dû affronter une contestation menaçante pour son pouvoir  en place depuis 1999.    M. Bouteflika, 76 ans, a été admis à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce,  un établissement parisien qui accueille régulièrement des personnalités  françaises et étrangères importantes, où il doit subir des examens  complémentaires, comme l’ont exigé ses médecins traitant à Alger.    Il y a déjà été opéré fin 2005 "d’un ulcère hémorragique à l’estomac" selon  Alger et M. Bouteflika lui-même a affirmé un an plus tard avoir été "très, très  malade" mais s’en être "sorti de manière absolument fabuleuse"    Selon le directeur du Centre national de la médecine sportive (CNMS), le  professeur Rachid Bougherbal le président algérien a été victime samedi à 11H30  GMT d’"un accident ischémique transitoire sans séquelles".    Plébiscité en avril 1999 par 90,24% des suffrages exprimés à l’élection  présidentielle, M. Bouteflika a été réélu en avril 2004, puis en 2009 -grâce à  un amendement de la constitution pour lui permettre un 3e mandat-, totalisant  14 ans de pouvoir jusqu’en 2013.    M. Bouteflika n’a pas encore indiqué s’il allait briguer un quatrième  quinquennat en 2014.    M. Bouteflika s’est employé dès son premier mandat à rétablir la paix dans  son pays ravagé dans les années 90 par une "guerre civile", selon ses propres  termes, qui ont fait plus de 200.000 morts? selon des chiffres officiels.    Un référendum en 1999 sur une "concorde civile" a entraîné la reddition de  milliers d’islamistes. En 2005, une seconde consultation populaire a permis  l’adoption d’une "charte pour la paix et la réconciliation" offrant le "pardon"  aux islamistes encore dans le maquis en échange de leur reddition.    Muré dans son silence alors que l’Algérie était en proie à des émeutes  contre la vie chère qui ont fait début janvier 2011 cinq morts et plus de 800  blessés, M. Bouteflika a annoncé le 3 février 2011, une levée de l’état  d’urgence en vigueur depuis 19 ans, l’une des revendications de l’opposition.    Pour couper court à toute revendication d’ordre économique et social, il a  annoncé des réformes politiques, dans la foulée de Printemps arabe, qui ont  conduit à l’élection d’une nouvelle assemblée nationale le 10 mai 2012, selon  des nouvelles règles.    Souvent critiqué pour sa propension à gouverner sans partage, accusé par ses adversaires de "coup d’Etat constitutionnel" en 2009, Bouteflika a d’abord  été, pendant de longues années, un chef de diplomatie chevronné qui avait forcé  l’admiration de la communauté internationale.    Né le 2 mars 1937 à Oujda (Maroc) dans une famille originaire de Tlemcen  (ouest algérien), il rejoint en 1956 l’Armée de libération nationale (ALN) en  lutte contre la France pour l’indépendance du pays.    Dès la victoire, en 1962, il est brièvement ministre de la Jeunesse et des  Sports sous la présidence d’Ahmed Ben Bella, puis hérite 1963 à 1979 du  portefeuille de la diplomatie.    Ecarté du pouvoir après la mort du président Houari Boumediène -dont il  était proche-, en décembre 1978, il s’exile à l’étranger en 1981 notamment à  Dubaï et Genève.    Revenu comme candidat en avril 1999, soutenu par l’armée et le Front de  libération nationale (FLN, alors ex-parti unique), il se retrouve seul en lice,  ses six adversaires s’étant retirés convaincus qu’il y aura des fraudes.    Depuis son hospitalisation au Val de grâce en 2005, la moindre absence du  chef de l’Etat déclenchait des spéculations sur sa santé et des rumeurs  récurrentes sur son décès.    Tribun hors pair, aussi en arabe qu’en français sur d’un ton teinté de  colères "théâtrales", il soignait sa tenue: costumes "trois pièces" et cravate,  même en pleine canicule.    La sévérité voulue du regard est tempérée par un sourire charmeur dont il a  usé durant ses voyages dans l’Algérie profonde qu’il a cependant délaissés ces  dernières années. 

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