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Candidature d’Ali Ghediri ou comment brader la République au nom de la rupture

Algérie – Sorti du néant à la fin 2018, puis propulsé aux devants de la scène par une partie de la presse algérienne, le général-major à la retraite, Ali Ghediri, se retrouve aujourd’hui candidat à la candidature de l’élection présidentielle du 18 avril prochain.

Sans parti politique ni base électorale, le général avait misé sur une marée humaine qui le proposerait vers la magistrature suprême. Cependant, les inscriptions sur les listes électorales ont été clôturées et l’on a vu aucune file d’attente devant les mairies ni de gens qui se bousculeraient à faire établir leurs cartes d’électeurs afin de signer, déjà dans un premier temps, le formulaire de candidature d’Ali Ghediri. Il devra présenter au Conseil constitutionnel quelque 60 000 formulaires dûment signés avant le 3 mars.
Sur le fond, le général-major à la retraite s’autoproclame candidat de la « rupture ». Par rupture, il voudrait donner naissance à une 2e République. Qualifiées de peu convainquantes, voire maladroites, ces dernières sorties médiatiques n’ont pas eu l’impact attendu. Il s’est limité à des généralités, refusant de parler de son programme sur le plan économique et bottant en touche sur plusieurs sujets sérieux.
L’on se retrouve ainsi avec un candidat qui applique les traditions militaires, notamment le mutisme, au début même de sa campagne électorale. Peut-on donc faire du neuf avec du vieux ? L’on dit souvent que l’habitude est une seconde nature. Ali Ghediri peut-il chasser sa « nature » de militaire haut gradé pour entrer dans le costume très étroit du politique ? Si toutefois élu, le général va-t-il ouvrir les portes de l’avenir à l’Algérie ou bien celles d’un passé sombre ?
Quel que soit le bilan que l’on fasse des 20 ans de présidence d’Abdelaziz Bouteflika, le chemin parcouru vers un État civil est indéniable. Les réformes introduites en matière de gouvernance ont permis à l’Algérie de franchir des étapes importantes en dissociant le politique du militaire, ce qui relève de la définition même d’une République. En prônant la rupture, Ali Ghediri veut-il donc brader la République ?
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3 Comments

    1. On ne voit pas ce qu’il y’a d’amusant Madame surtout lorsqu’il s’agit de l’avenir de tout un peuple
      qui aspire au sérieux et surtout au refus de la complaisance inappropriée actuellement

  1. Pourquoi faudrait-il qu’il y ait toujours un militaire en Algérie ? Des intellectuels civils existent en centaines de milliers et sont capables de gérer un pays et mieux qu’une caserne.

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