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Chine: une assemblée politique exclut une des femmes d'affaires les plus riches du pays

L’une des cinquante plus riches femmes de  Chine a été exclue cette semaine d’une assemblée politique de haut niveau, les médias officiels pointant à cette occasion ses liens avec un haut cadre du régime soupçonné de corruption. Figurant l’an dernier au 46e rang du classement de référence Hurun des plus  riches femmes du pays avec une fortune de 4 milliards de yuans (476 millions  d’euros), Liu Yingxia a perdu sa place à la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), a rapporté tard jeudi l’agence Chine nouvelle.  La CCPPC est un organe de débat sans pouvoir de décision et se réunit  habituellement une fois par an, en même temps que la séance plénière de  l’Assemblée nationale populaire. L’an dernier, Chine nouvelle avait qualifié  Mme Liu de "plus jolie membre" de la CCPPC. L’agence officielle n’a fourni aucune raison pour son exclusion, mais  d’autres médias d’Etat pointaient sa proximité avec Jiang Jiemin, ex-directeur  de l’agence nationale supervisant les groupes d’Etat et aujourd’hui sous le  coup d’une enquête pour "violations de la discipline et de la loi", formule  caractérisant des faits de corruption.  Liu Yingxia, née en 1972, avait fondé à l’âge de 20 ans dans le nord-est de  la Chine une entreprise qui a prospéré dans les secteurs de l’immobilier et des  travaux publics.  En 2012, un de ses fonds avait investi dans un projet d’oléoduc de 110  milliards de yuans, aux côtés du géant pétrolier public CNPC et de deux autres  groupes d’Etat, a précisé le quotidien Xiaoxiang Chen Bao. Jiang Jiemin, alors  à la tête de CNPC, avait présidé aux négociations. C’était selon les médias chinois la première fois qu’une firme privée était  autorisée à participer à un projet de construction d’oléoduc en Chine. Réputé être un proche allié de l’ancien patron de la police Zhou Yongkang,  Jiang est l’un des 21 responsables ayant un rang égal ou supérieur à celui de  vice-ministre à être tombés dans la vaste campagne anti-corruption initiée et  vantée par le président chinois Xi Jinping.  Sur cette vingtaine de hauts cadres épinglés, au moins cinq autres étaient  également connus pour être des proches de Zhou.  Ancien ministre de la Sécurité publique (chargé de la police), Zhou  Yongkang a été l’une des figures les plus puissantes de la vie politique  chinoise de la dernière décennie, mais l’étau semble récemment s’être resserré  autour de lui. Le New York Times avait rapporté en décembre que le président Xi avait  donné son feu vert à une enquête le visant directement.

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