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Christian Ganczarski: itinéraire d'un admirateur des talibans

  •    Il est né en 1966 à Gleiwitz (Pologne) au sein de la communauté d’origine allemande. "Mes parents étaient persécutés sur le plan politique. Tous les ans, mon père demandait à être autorisé à s’installer en Allemagne", a-t-il assuré aux sept juges professionnels devant lesquels il comparaît avec deux autres accusés.
  •    Le permis d’émigrer est accordé alors qu’il a neuf ans. La famille s’installe en Allemagne et élève Christian dans la foi catholique, avec catéchisme et communion. Après des études techniques, il devient soudeur.
  •    C’est là, au contact de collègues turcs musulmans, nombreux dans l’entreprise qui l’emploie, qu’il va découvrir l’islam. "Petit à petit, ils m’ont expliqué les similitudes avec ma foi, mais cela m’a aidé aussi à relever les contradictions de la religion catholique", a-t-il raconté à la cour, s’exprimant en allemand avec l’aide de deux interprètes.
  •    Il se convertit à l’islam en 1986, devient de plus en plus religieux, fait son service militaire, épouse une jeune Allemande, elle aussi convertie.
  •    En 1999, alors que les talibans sont au pouvoir en Afghanistan, il s’y rend pour la première fois. "J’ai de la sympathie, de l’admiration pour les talibans. C’était le seul véritable Etat islamique. Je voulais les soutenir, à tous points de vue: soit en étant soudeur, soit en les aidant pour l’informatique, soit en allant au front contre les hommes de Massoud".
  •    C’est ce qu’il fait peu après: on lui confie une Kalachnikov, quatre chargeurs et deux grenades. Il grimpe sur le plateau d’un pick-up en direction des tranchées, au nord de Kaboul.
  •    "Je n’ai pas utilisé mes armes, j’ai beaucoup attendu, réfléchi. J’ai compris que je préfèrerais faire le jihad autrement, en aidant le régime et le peuple afghans".
  •    Peu après, il rentre en Allemagne et convainc son épouse "qui n’était pas satisfaite de sa vie en Allemagne, où il est difficile pour un musulman pratiquant de vivre depuis le 11 septembre 2001", d’émigrer en Afghanistan.
  •    Ils s’installent d’abord à Kandahar, puis à Kaboul, mais ses projets professionnels échouent les uns après les autres (exportation de pierres précieuses, cours d’informatique, importation de vieux réfrigérateurs allemands).
  •    "Mais je touchais toujours mes allocations de chômage", précise-t-il. "En Afghanistan, vous avez besoin de 50 euros par mois, alors avec ce que je touchais on peut vivre comme un roi".
  •    Il reconnaît aussi avoir côtoyé les chefs d’Al Qaïda, y compris Oussama ben Laden, à Kandahar et ailleurs, et avoir mis ses compétences informatiques et en matière de télécoms au service du mouvement.
  •    Après plusieurs allers-retours infructueux, la famille Ganczarski rentre en Allemagne.
  •    C’est là qu’il recevra, le 11 avril 2002, l’appel téléphonique du jeune Tunisien Nizar Nawar, qu’il avait rencontré en Afghanistan, et lui demande "sa bénédiction", quelques minutes avant de faire sauter son camion piégé devant la synagogue de Djerba, tuant 21 personnes.
  •    Arrêté, longuement interrogé par la police allemande, il est relâché, faute d’éléments suffisants pour l’incriminer, aux termes de la loi allemande de l’époque.
  •    Poursuivie par la presse, la famille tente de s’installer en Arabie Saoudite, d’où il sera expulsé en juin 2003. Mis dans un avion pour l’Allemagne, mais via Paris, il est arrêté par les services français le 3 juin 2003.
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  • Ennaharonline/ AFP

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