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Clinton s'envole pour Pékin en pleine crise autour de Chen Guangcheng


 La secrétaire d’Etat américaine  Hillary Clinton s’est envolée pour Pékin dans la nuit de lundi à mardi pour une  visite en Chine singulièrement compliqués par la présence — toujours pas  reconnue officiellement — du dissident Chen Guangcheng à l’ambassade des Etats-Unis.  Compte tenu du décalage horaire, Mme Clinton, qui a quitté Washington peu  avant minuit (04H00 GMT), n’est pas attendue avant mercredi matin dans la  capitale chinoise, où elle doit tenir jeudi et vendredi, en compagnie de son  collègue du Trésor Timothy Geithner, une nouvelle session du "dialogue  stratégique et économique" entre les deux pays.    Mais cette réunion bilatérale prévue de longue date a été perturbée par  l’évasion le 22 avril de l’avocat aveugle Chen Guangcheng, placé de facto  depuis 19 mois en résidence surveillée, qui s’est réfugié à l’ambassade des  Etats-Unis à Pékin, selon des sources proches du dissident.    Signe que les deux pays cherchent jusqu’à présent à éviter par tous les  moyens d’envenimer la crise, Pékin comme Washington se refusent à commenter  officiellement cette affaire. "Je suis au courant des informations de presse  sur la situation en Chine. Je ne ferai pas de déclaration à ce sujet", s’est  borné à déclarer lundi le président Barack Obama.    Lors d’une conférence de presse à Washington, Mme Clinton s’est elle aussi  refusée "pour l’heure" à tout commentaire sur l’affaire Chen mais assuré  qu’elle soulèverait la question des droits de l’homme pendant sa visite. En novembre, Mme Clinton avait cependant été beaucoup plus claire dans son soutien à Chen Guangcheng, qu’elle avait nommément cité pour dénoncer son  placement en résidence surveillée.  Pour Washington comme pour Pékin, la crise est compliquée par le fait que  Chen Guangcheng, qui s’est fait connaître en dénonçant les excès de la  politique de l’enfant unique, ne demande pas l’asile politique aux Etats-Unis,  comme l’a indiqué à l’AFP son camarade Hu Jia.    Une telle demande permettrait à Pékin de se débarrasser d’un dissident en  l’exilant, comme cela avait été le cas avec Fang Lizhi, l’astrophysicien qui  s’était réfugié pendant plus d’un an à l’ambassade des Etats-Unis après la  répression du "Printemps de Pékin" en juin 1989. En année électorale, l’administration Obama ne remettra pas M. Chen aux  autorités chinoises si elle n’obtient pas en échange des garanties très solides  quant à la sécurité du dissident et de sa famille, fait valoir le sinologue  Kenneth Lieberthal, de l’institut Brookings.    Selon lui, Washington est à la recherche de la solution "la moins  embarrassante possible pour la Chine et la plus rapide possible".    Mais le climat politique est délicat en Chine à quelques mois de la  transition attendue à la tête de l’Etat et du Parti communiste chinois entre le  président Hu Jintao et la nouvelle équipe qui devrait être emmenée par le  vice-président Xi Jinping. Dans ce contexte, certains responsables chinois  pourraient être tentés de faire monter la pression avec Washington autour de  Chen Guangcheng.  "Pour moi, la question est de savoir si cette affaire devient une pomme de  discorde politique en période politique sensible. Je pense qu’il y a plus de  chances que cela soit résolu, mais on ne sait jamais", observe M. Lieberthal.    Le climat politique chinois est déjà tendu par la récente disgrâce de Bo  Xilai, ex-étoile montante du parti au pouvoir, impliqué dans un scandale de  corruption.    Aux Etats-Unis, l’opposant probable de Barack Obama à la présidentielle de  novembre, le républicain Mitt Romney, a appelé dimanche à tout faire pour  protéger Chen Guangcheng et sa famille.

 

 

 

  Algerie – ennaharonline

 

 

 

 

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