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Commémoration : Il y a 30 ans, le rêve brisé du 05 octobre…

Algérie – Ce vendredi 05 octobre, les Algériens célèbrent, dans une indifférence quasi-générale les événements du 05 octobre 1988 qui ont permis au pays de connaître une relative ouverture politico-médiatique.

En dehors de l’association RAJ, Rassemblement action jeunesse, née justement de ces événements tragiques, et quelques médias, aucun parti politique ni une autre association n’a célébré une date charnière dans l’histoire contemporaine de l’Algérie.

Pourtant, en ce 05 octobre 1988, les Algériens sont sortis, en masse, dans des manifestations violentes pour réclamer de meilleures conditions de vie et, partant, une meilleure liberté de parole et d’action politique. Ce n’était pas la première fois que des Algériens ont défié le pouvoir. Des manifestations ont eu lieu en Kabylie en avril 80, dans ce qu’on appelle désormais le printemps berbère. Des citoyens avaient manifesté en Constantine en 1985, puis à Sétif une année après. Contrairement au printemps berbère où les manifestations étaient d’abords politiques, les marches de Sétif et de Constantine avaient un cachet social. Les gens ont manifesté contre la mal-vie.

Mais octobre 1988 a ceci de particulier : il a marqué un tournant dans l’histoire de l’Algérie. Le bilan des événements fait toujours objet de polémique ; puisque si les autorités évoquent une dizaine de décès, les activistes et des défenseurs des droits de l’Homme avancent le chiffre de 500 morts, dus essentiellement à une intervention d’une armée qui n’était pas formée pour ce genre de missions.

Au-delà des cicatrices physiques laissées sur les corps des personnes arrêtées et torturées ou dans le cœur des familles des victimes, c’est dans le corps social du pays que ces événements ont laissé des séquelles. Quelques mois après ce soulèvement (qui a marqué en fait quasiment tout le mois d’octobre), le pouvoir de l’époque a cédé en agréant la création de partis politiques. La constitution de février 1989 ouvre la voie au multipartisme. Une ouverture tous azimuts engendrera la décennie 1990, faite de sang, de destructions et de larmes. Plus de 200 000 morts, des destructions massives du tissu économique et 30 ans après, le pays n’a toujours pas trouvé sa stabilité et les rêves des jeunes d’octobre n’est toujours pas réalisé !

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