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[Contribution] Tirer les leçons du réchauffement climatique et des drames passés et actuels en Algérie

Tirer les  leçons du réchauffement climatique et  des drames passés et actuels en Algérie   : axes directeurs  pour une nouvelle politique de l’aménagement du territoire et la gestion des collectivités locales

           Professeur des universités,  Abderrahmane MEBTOUL expert international

Le monde vit un dérèglement climatique important qui implique une large coopération internationale. Pour l’Algérie,  ce qui vient de se passer à Constantine et quelques jours auparavant à Tébessa en n’oubliant pas le cas de Bab El Oued concernant les inondations  et par le passé le tremblement de terre de Boumerdes et celui d’El Asnam, les   différentes tensions au niveau local à travers notamment les surcharges de classes, les poubelles qui s’amoncellent dans différents quartiers, la construction  anarchique de milliers de logements, sans âmes , ni  VRD et utilités,   interpellent les autorités aux plus hauts niveaux pour une réelle politique de décentralisation  à travers une nouvelle politique d’aménagement du territoire multisectorielle  qui fait cruellement défaut.  La nouvelle vision doit  renforcer  la cohésion sociale   et l’efficacité économique et sociale à travers l’implication tant des élus locaux que des citoyens reposant sur  la bonne gouvernance centrale et locale qui doit être synchronisée  et  l’efficacité des institutions. Aussi, évitons des solutions déconnectées des réalités locales et mondiales et privilégions uniquement les intérêts supérieurs de l’Algérie.

1.-L’impact du réchauffement climatique n’est pas un vain mal comme le montrent les drames à l’échelle mondiale : tremblement de terre, pluies torrentielles, ect… et l’Algérie  doit intégrer cette donne dans un plan cohérent d’aménagement du territoire. Un intéressant rapport sur le scénario d’un brusque changement de climat et ses implications pour la sécurité nationale des États-Unis a été publié en octobre 2003 sous la direction des professeurs Peter Schwartz et Doug Randall, rapport commandé par le ministère de la Défense des États-Unis, rapport calqué sur l’événement qui s’est produit il y a 8200 ans et qui a duré 100 ans. Ce scénario de brusque changement est caractérisé par les conditions suivantes : une baisse annuelle de la température moyenne de 2,75°C au-dessus de l’Asie et de l’Amérique du Nord et de 3,3°C en Europe.- Une hausse annuelle de la température moyenne de 2,2°C dans toute l’Australie, l’Amérique du Sud et le sud de l’Afrique ; des sécheresses persistantes tout au long de la décennie dans des régions agricoles vitales et dans les régions réservoirs d’eau pour les principaux bassins de population en Europe et dans la partie est de l’Amérique du Nord et les tempêtes de neige et les vents allant en s’intensifiant, amplifiant les impacts des changements. L’Europe de l’Ouest et le Pacifique Nord connaissent des vents renforcés. Le rapport étudie comment le scénario d’un changement climatique aussi brusque pourrait potentiellement déstabiliser la situation géopolitique, entraînant des incidents, des combats et même des guerres dus au manque de ressources telles que un manque de nourriture dû à une baisse de la production agricole mondiale, une baisse de la disponibilité et de la quantité d’eau potable dans des régions clés, due au déplacement des précipitations, entraînant des sécheresses et des inondations plus fréquentes et une perturbation dans l’accès aux ressources énergétiques, due à l’étendue des glaces dans la mer et aux tempêtes. Selon cette étude, au fur et à mesure que la capacité de subvenir aux besoins se réduit au niveau local et global, les tensions pourraient augmenter partout à travers le monde, conduisant à deux stratégies fondamentales : la défensive et l’offensive. Les nations ayant les moyens nécessaires de le faire pourraient de fait construire des forteresses autour de leur pays, conservant ainsi leurs ressources pour elles-mêmes. Les nations moins fortunées, surtout celles ayant connu d’anciennes querelles avec leurs voisins, pourraient déclencher des conflits pour l’accès à la nourriture, à l’eau potable et à l’énergie. Cela rejoint les prévisions effectuées en 2007 par le Groupe international sur le changement climatique (IPCC) indiquent une hausse de la température de l’ordre de 2°C dans les 15 à 20 prochaines années, et jusqu’à 4 à 6,5°C à la fin du 21e siècle. Même si les émissions de gaz à effets de serre (GES) sont limitées dans les pays MENA par rapport aux pays développés, ces pays figurent parmi les plus gros producteurs de pétrole qui rejettent du CO2. Par ailleurs, l’augmentation de la température moyenne devrait s’accompagner d’une baisse d’au moins 20% des précipitations dans les pays MENA.

2.- Pour l’Afrique du Nord  dont l’Algérie,  les ressources hydriques sont vulnérables aux variations climatiques. L’eau et sa gestion sont des problèmes conditionnant son avenir, le changement climatique pourrait placer ces pays dans des situations inconfortables puisque le volume maximal d’eau mobilisable serait déficitaire d’ici 2020/2025le  processus de changement climatique devant se traduire par une remontée des zones arides et désertiques notamment dans la région de l’Afrique du Nord et de la région sahélienne avec des flux migratoires de plus en plus importants. Des études prévoient une baisse des rendements agricoles en Afrique du Nord  du fait de l’accélération de la dégradation des sols et de la perte de terres productives. Le changement climatique touchera également la production des légumes dont les rendements diminueraient de 10 à 30 % à et une baisse de rendement du blé à près de 40%. Le changement climatique pourrait entraîner aussi une véritable crise migratoire. Dans une étude datant du 25 juin 2012 de FEMISE ( réseau euro-méditerranéen) intitulée, « le coût économique du changement climatique dans les pays MENA : une évaluation quantitative micro-spatiale et une revue des politiques d’adaptation », les auteurs notent que les impacts pour les pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient (MENA) sont une baisse attendue du PIB de l’ordre de 0,4% à 1,3%, cette baisse pouvant même atteindre 14% si aucune mesure de lutte et d’adaptation face au changement climatique n’est adoptée horizon 2020/2030. Les effets attendus dans ces pays couvrent la diminution des ressources en eau, la dégradation des sols, l’élévation du niveau de la mer et la pénétration des eaux salées dans les terres, etc. De tels impacts sont susceptibles d’affecter les activités économiques, avec des effets importants sur l’agriculture et le tourisme, suite à la baisse significative des rendements agricoles et à la hausse de la salinisation des terres due à l’érosion et à la pollution des sols par le sel. De plus, le changement climatique aura des effets négatifs sur les écosystèmes provoquant ainsi la diminution de la biodiversité qui affectera les espèces individuelles dans les pays MENA. Ainsi, la hausse des températures et la baisse des précipitations attendues risquent d’augmenter la fréquence des sécheresses, ce qui va exposer de 80 à 100 millions de personnes en zones d’insuffisance en eau à l’horizon 2025. De plus, en zone urbaine, une hausse des températures de 1 à 3°C pourrait exposer entre 6 et 25 millions de personnes aux inondations côtières. La lutte contre ce fléau lié au réchauffement climatique, avec des enjeux de guerre dont l’eau ressource stratégique de la vie, implique pour l’Algérie sous segment de l’Afrique du Nord et plus généralement pour l’ensemble du continent l’Afrique, et ce en relations les pays développés et certains pays émergents les plus pollueurs qui ont une lourde responsabilité, des intégrations sous régionales avec une coordination sans faille des politiques publiques, loin des agrégats purement monétaires. Une nouvelle gouvernance mondiale et un nouveau modèle de consommation énergétique mondial s’imposent à terme, conditionnant le devenir de l’humanité entière qui s’oriente vers les 10 milliards d’âmes dont les deux tiers concentrés dans la zone Sud, et notamment en Afrique qui concentrera horizon 2040 le quart de la population mondiale.

3-Dans ce contexte, l’Algérie , fortement interpellée, qui s’étend sur 2 380 000 km2 dont 2100 000 km2 d’espace saharien. La densité paraît faible, mais les 9/10e de la population sont concentrés sur les terres du Nord. Sa situation géographique est stratégique : en face de l’Europe, côtoyant la Tunisie, l’Atlantique Maroc/Mauritanie, la Libye, le Mali et le Niger comme point d’appui de l’Afrique sub-saharienne. L’objectif stratégique horizon 2018/2020/2030 est d’éviter que plus de 95% de la population vivent sur moins de 10% du territoire et avoir une autre vision de l’aménagement de l’espace. Nous assistons, hélas, à des constructions anarchiques avec le manque d’homogénéisation dans le mode architectural, un taux accéléré d’urbanisation avec des bidonvilles autour des grandes villes, avec le risque de l’extension de nouvelles formes de violence à travers le banditisme et de maux sociaux comme la drogue et la prostitution. Il suffit de visiter toutes les wilayas, sans exception, pour constater des routes, des infrastructures et des ouvrages d’art qui ont coûté à la collectivité nationale plusieurs dizaines de milliards de centimes inutilisables en cas d’intempéries, des routes éventrées à l’intérieur des villes où la plupart des autorités se complaisent uniquement aux axes principaux visités par les officiels, des ordures qui s’amoncèlent à travers la majorité des quartiers périphériques, des logements que les citoyens refont, surtout les secondes œuvres avec des VRD non finies, des espaces verts qui font place à du béton, la construction d’unités dangereuses et polluantes près des villes, des sites touristiques, près des côtes, contenant plusieurs centaines de lits et qui déversent à la mer leurs déchets sans compter le manque d’eau pour l’hygiène. Cela témoigne le manque de cohérence de l’action gouvernementale, et donc d’actions urgentes dont la responsabilité ne concerne pas seulement un département ministériel, mais à la fois plusieurs départements et les collectivités locales. De ce fait, l’aménagement du territoire plaçant l’homme pensant et créateur au cœur du développent doit réaliser un double objectif, d’une part, une société plus équilibrée, plus participative et solidaire, d’autre part, la croissance au service de l’emploi. L’aménagement du territoire devra répondre aux besoins des populations en quelque lieu qu’elles se trouvent et assurer la mise en valeur de chaque portion de l’espace où elles sont installées. Il ne s’agira pas d’opposer le rural à l’urbain, les métropoles aux provinces, les grandes villes aux petites mais d’organiser leurs solidarités à travers des réseaux rénovés qui tiennent compte des mutations, tant internes que de l’économie mondialisée en favorisant une armature urbaine souple à travers les réseaux par la fluidité des échanges, la circulation des hommes, des biens, les infrastructures et les réseaux de communication.

4.-. Sous   réserves d’objectifs précis impliquant une nouvelle orientation de la politique socio –économique   actuelle dont les impacts   sont mitigés , misant plus sur l’unique dépense monétaire  via la rente des hydrocarbures, dépense  sans se soucier des impacts à terme,   il  s’agit impérativement de procéder à une autre organisation institutionnelle, d’opérer un nécessaire changement qui passe par une approche basée sur une identification claire des missions et responsabilités et une restructuration des fonctions et des services chargés de la conduite de toutes les activités administratives, financières, techniques et économiques. Cette organisation institutionnelle implique d’avoir une autre vision du rôle des collectivités locales. Cela suppose une autre organisation locale, les directions de wilayas étant budgétivores devant être regroupées en adéquation avec ceux des ministères. En 2002, le gouvernement avait déjà élaboré un texte législatif intitulé : «avant-projet de loi-cadre fixant les règles générales d’organisation et d’administration du territoire.» Une disposition de ce texte concernait justement le découpage territorial en régions étant prévu une circonscription administrative intermédiaire entre l’Etat et la wilaya dénommée la circonscription administrative régionale (CAR)», stipulait l’article 85. Concrètement, cette subdivision territoriale devait disposer d’une sorte de gouvernement, d’une capitale et d’une assemblée faisant office de parlement régional. A sa tête, on retrouvait une sorte de superpréfets dotés de très larges prérogatives avec des walis techniciens sous ses ordres au niveau régional devant aller à la suppression des sous-préfectures. Selon l’article 92, il devait être chargé de «coordonner l’activité des administrations et services publics à compétences régionales, notamment les grands services publics, les services extérieurs relevant des administrations centrales». Mais, cet avant-projet de loi fixant les règles d’organisation et d’administration du territoire n’a jamais vu le jour alors qu’il est d’une brûlante actualité afin de s’adapter aux nouvelles mutations. C’est que la conception volontariste étatiste de l’aménagement du territoire en Algérie,

5.- L’efficacité de ces mesures d’aménagement du territoire pour favoriser les activités productives, impliquent la refonte des finances locales et des taxes parafiscales sans laquelle la politique d’aménagement du territoire aurait une portée limitée devant s’appuyer sur le système de péréquation entre les régions pauvres et riches et sur une véritable décentralisation qui doit être prise en compte.La structure qui me semble la plus appropriée pour créer ce dynamisme, ce sont les chambres de commerce régionales qui regrouperaient l’Etat, les entreprises publiques/privées, les banques, les centres de formation professionnelle, et les universités/centres de recherche. L’action des chambres de commerce, lieu de concertation mais surtout d’impulsion pour la concrétisation de projets serait quadruple :

-premièrement, dynamiser les infrastructures de base et préparer des sites confiés à des agences de promotions immobilières publiques et privées ;

Deuxièmement, mettre à la disposition des sociétés une main-d’œuvre qualifiée grâce à un système de formation performant et évolutif allant des ingénieurs, aux gestionnaires, aux techniciens spécialisés et ce, grâce aux pôles universitaires et des centres de recherche, évitant ce mythe d’une université par wilayas. Exemple la chambre de commerce offrirait un poste pour 10 candidats en formation, les 90 % non retenus ne constituant pas une perte pour la région. L’apprentissage en dynamique est un capital humain pour de futures sociétés qui s’installeraient dans la région, une société installée payant des impôts qui couvriront largement les avances en capital de la formation avancée. Cette formation devra être adaptée pour tenir compte de la norme qualité standard, le label qualité étant exigé pour tout exportateur  en direction de la CEE, des USA ou de l’Asie. Ainsi, nous assisterons à une symbiose entre l’université et les entreprises. Car les sociétés ont besoin de l’accès aux chercheurs, aux laboratoires pour les tests d’expérimentation et l’université a besoin des sociétés comme support financier et surtout d’améliorer la recherche. Les étudiants vivent ainsi la dialectique entre la théorie et la pratique;

-troisièmement, favoriser des entreprises souples reposant sur la mobilité et les initiatives individuelles

-quatrièmement, à travers cette structure régionale animée par la chambre de commerce,  lieu de concertation et de dialogue,  intensifier les courants d’échange à travers différentes expériences entre les régions du pays et l’extérieur et l’élaboration de tableaux de prospectifs régionaux, horizon 2018/2020/2030. La mise à la disposition des futurs investisseurs de toutes les commodités nécessaires ainsi que des prestations de services divers (réseau commercial, loisirs) est fondamentale Cette symbiose entre ces différentes structures et certains segments de la société civile doit aboutir à des analyses prospectives fondamentales, à un tableau de bord d’orientation des futures activités de la région.

6.- Ces axes directeurs devraient s’inscrire dans le cadre de la régionalisation économique que beaucoup confondent avec le régionalisme source d’intolérance et du centralisme bureaucratique. Au contraire et l’expérience des USA est là  pour le démontrer ou l ’Allemagne à travers  les  Landers,  , la régionalisation économique renforce le rôle  de l’Etat régulateur, renforce l’efficience  économique  et contribue à l’unité nationale  par la cohésion  sociale régionale . Certes, la  notion de région est elle-même extrêmement variable. La régionalisation pouvant se réaliser au sein du pays ou bien par le regroupement d’un ensemble d’Etats dans une zone géographique particulière ou sur la base d’intérêts ressentis comme communs ce que les économistes qualifient d’intégration régionale : exemple la communauté économique européenne. Aussi, la régionalisation peut prendre des formes très différentes selon les pays, allant de la décentralisation au quasi fédéralisme.  Pour réaliser la symbiose Etat-citoyens,  la régionalisation économique peut être définie  comme un mode d’organisation de l’Etat qui confère à la région un rôle et un statut économique, caractérisé par une autonomie relative mais non indépendant de l’Etat central pour les grandes orientations stratégiques  cette autonomie étant donc encadrée par l’autorité nationale. La mise en place de pôles régionaux économiques  doit avoir pour conséquence un meilleur gouvernement réel ressenti comme tel par la population, l’argument de base résidant dans la proximité géographique. Cela signifie qu’il existe une solution locale aux problèmes locaux et que celle-ci est nécessairement meilleure qu’une solution nationale. Aussi, ces actions opérationnelles   impliquent de répondre  aux  questions fondamentales suivantes :

-compétences des régions ;

-règles de composition et de fonctionnement des assemblées et exécutifs régionaux;

-ressources des régions ; relations avec le pouvoir central ; modalités de transfert aux pouvoirs régionaux et enfin concertation entre régions.

7.-Selon les théories régionalistes, la diversité des situations locales impose une diversité de solutions pour s’adapter aux conditions locales spécifiques. La régionalisation économique couplée avec une réelle décentralisation supposant une clarté dans l’orientation de la politique socio-économique évitant des tensions et conflits entre le pouvoir local et central et des concurrences entre le centre et la périphérie permettrait un nouveau cadre de pouvoir avec des nouveaux acteurs, de nouvelles règles et de nouveaux enjeux avec des nouvelles stratégies élaborées. Elle devrait favoriser un nouveau contrat social national afin d’optimaliser l’effet de la dépense publique et rendre moins coûteux et plus flexible le service public. La création d’un nouvel espace public générerait une nouvelle opinion publique, voire une nouvelle société civile. Le débat permet l’émergence de thématiques communes, des modes de propositions communs et donc déterminerait des choix collectifs optimaux.  Les expériences historiques montrent clairement que si la centralisation a été nécessaire dans une première phase, elle a atteint vite ses limites et que ce sont les pays qui ont développé des décentralisations réelles et non des déconcentrations, synchronisant gouvernance centrale et locale, qui ont le mieux réussi leur développement. Une réorganisation du pouvoir local dont la base est la commune, pour une société plus participative et citoyenne s’impose, réorganisation fonction de la revalorisation de la ressource humaine renvoyant à l’urgence de la révision du statut de la fonction publique. Après la «commune providence » du tout Etat, l’heure est au partenariat entre les différents acteurs de la vie économique et sociale, à la solidarité, à la recherche de toutes formes de synergie et à l’ingénierie territoriale. C’est à la commune que reviendra ainsi la charge de promouvoir son espace pour l’accueil des entreprises et de l’investissement. La wilaya et la  commune doivent   passer du stade de collectivités locales providences à celui de collectivités locales entreprises et citoyennes responsables de l’aménagement du développement et du marketing de leur  territoire. Cela implique à la fois de la compétence mais également être à l’écoute des  préoccupations des citoyens. Les tensions pas seulement dans le Sud mais dans bon nombre de wilayas ne doivent pas être pris à la légère par des replâtrages sans vision stratégique. On ne crée pas des emplois par décrets ou dans l’administration, sinon le problème ne se poserait pas pour tous les pays du monde. Il existe une loi économique insensible aux slogans politiques : en ce XXIème siècle , le taux d’emploi dépend  avant tout de la dynamisation de la sphère économique, de l’entreprise , de son soubassement le savoir à l’ère du digital et de l’intelligence artificielle, et ce dans le cadre des valeurs internationales.

 

8.-En résumé, les expériences récentes où  des populations livrées à elles mêmes où  les autorités tant centrales que locales manquant de prévisions réagissent après des drames,  montrent une évidence, l’absence de visibilité et de cohérence de la politique gouvernementale. C’est qu’une centralisation bureaucratique à outrance  favorise un mode opératoire de gestion autoritaire des affaires publiques, une gouvernance par décrets, c’est-à-dire une gouvernance qui s’impose par la force et l’autorité loin des besoins réels des populations et produit le blocage de la société.  Je considère que la régionalisation économique- pas le régionalisme-  renforce le rôle  de l’Etat régulateur, l’efficience économique  et contribue grâce à la concertation permanente, à l’unité nationale  par la cohésion  sociale. La pleine réussite du redressement national qui ne concerne pas uniquement l’économique mais le politique, le social et le culturel, implique de poser le nouveau  rôle de l’Etat et son articulation avec le marché dans la future stratégie,  inséparable des  nouvelles mutations mondiales : cela s’appelle instaurer un Etat de Droit et la démocratie  tenant compte de notre anthropologie culturelle.  [email protected]

NB1.- Cette analyse sera développée par  le professeur A Mebtoul qui animera une conférence débat à une date qui sera fixée d’un commun accord avec les organisateurs  entre le 15/18 octobre 2018   au siège de l’APC d’Oran en présence des universitaires, des élus locaux -toutes sensibilités confondues- et toutes les organisations de la société civile (économique – social- culturel) – sur les axes du redressement local dans le cadre d’une nouvelle politique de l’aménagement territoire. 

NB2-voir le  quotidien arabophone El-Djoumouria débat avec les  journalistes le 23/09/2013 qui sera reproduit dans son édition  du 24 septembre 2018 et nos longues interventions le quotidien arabophone Ech- Chaab 21/09/2018, la radio publique en français chaine 3  le 23/09/2018  et à la télévision Ennahar 9h30/10h  et 14/14h30  le 23/09/2018 sur la 10e réunion Comité ministériel conjoint de l’OPEP et non OPEP (JMMC qui a été un franc succès pour l’Algérie

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