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Corruption en Turquie : un procureur compte poursuivre en justice le Premier ministre

L’ancien procureur général adjoint turc, Zekeriye Oz, qui a été dessaisi de l’enquête anticorruption qui secoue la Turquie depuis décembre dernier, a annoncé, samedi à Istanbul, qu’il compte ester en justice le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, pour abus de pouvoir.

L’Agence de presse turque "Cihan", qui a rapporté l’information, a indiqué que le magistrat a confié à des journalistes son intention de poursuivre en justice tous ceux qui "l’accusent à tort", ainsi que le Premier ministre pour abus de pouvoir.

Zekeriye Oz dirigeait une partie de l’enquête sur l’affaire de corruption sans précédent dans l’histoire du Parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir en Turquie depuis 2002, avant d’être muté au palais de justice d’un district d’Istanbul. Il est accusé d’avoir séjourné à Dubaï avec sept de ses amis aux frais d’une entreprise de construction, impliquée dans ce scandale politico-financier.

L’ancien procureur général adjoint avait directement accusé Erdogan de lui avoir envoyé deux hauts magistrats qui l’ont menacé et lui ont signifié l’ordre du chef du gouvernement de mettre un terme aux investigations qu’il menait dans le cadre de l’enquête anticorruption où sont mises en cause des personnalités influentes du monde de la politique et des affaires proches d’Erdogan.

Le gouvernement accuse la hiérarchie policière et le système judiciaire d’être infiltrés par les adeptes de l’influent mouvement Hizmet (service), du prédicateur islamique Fethullah Gulen, qui manipulent, selon lui, l’enquête en cours pour nuire à l’image de l’AKP à la veille d’échéances électorales importantes, les municipales en mars et les présidentielles en août de cette année.

Il a présenté au parlement un projet de loi controversé sur la réforme du système judiciaire, dans un défi ouvert aux magistrats, qui ont dénoncé un texte "anticonstitutionnel", qui vise à "politiser l’action du Haut conseil des juges et procureures" (HSYK).

Cette action législative n’est qu’une étape dans la guerre déjà déclarée par le gouvernement contre les corps de la magistrature et de la police, une guerre qui a commencé par l’opération de nettoyage d’envergure lancée dans les rangs de l’appareil de la sûreté nationale et qui a concerné plusieurs centaines de responsables sécuritaires, mais également dans les rangs des magistrats, dont plusieurs ont été déplacés ou dessaisis de l’affaire.

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