En direct

Courtisées, les Algériennes partent à la conquête de la députation

Les candidates aux législatives du 10 mai en  Algérie sont propulsées cette fois-ci sur le devant de la scène politique après  une réforme présidentielle imposant aux partis un quota de femmes de 20 à 50%  des sièges sur leur liste sous peine d’être éliminés du scrutin.    Longtemps sollicitées comme électrices mais très peu comme candidates, les  Algériennes présentent jeudi 7.647 femmes sur 25.800 candidats en lice pour les  462 sièges de la future Assemblée.     Le président Abdelaziz Bouteflika a demandé le 1er mai aux femmes d’aller  voter et d’affirmer leur présence "d’autant plus que les conditions favorables  se trouvent réunies, aujourd’hui plus que par le passé, pour donner corps à  leurs aspirations".    Courtisées par la presse, nombreuses sont celles qui interviennent dans les  rassemblements publics aux côtés des hommes, suscitant tout autant de ferveur.    En réalité, elles font face à un Etat, à la fois républicain et religieux.    Certaines femmes occupent des fonctions de juges, cadres supérieurs,  ministres et l’une d’entre elles a même été promue générale dans l’armée.    Mais elles n’ont pas le droit, comme le père, d’exercer l’autorité  parentale.    La voix d’une élue du Parlement vaut celle d’un homme et cela lui permet de  participer à l’élaboration et à l’adoption des lois.    Toutefois devant la justice, le témoignage d’un homme vaut celui de deux  femmes.    Dans les faits, le code de la famille (adopté par le parlement en 1984,  puis revu en 2007) consacre le statut mineur de la femme et bien  qu’anti-constitutionnel (la Constitution proclame l’égalité), il est appliqué  en Algérie.    "Chez une femme, la dimension sentimentale l’emporte, voilà pourquoi  l’Islam prône le témoignage de deux femmes pour celui d’un homme", explique à  une journaliste de l’AFP Fettouma Smail, l’épouse de l’islamiste radical  Abdallah Djaballah, fondateur du Front pour la Justice et le développement  (FJD).    Candidate à Alger, Mme Djaballah, 57 ans, mère de neuf enfants, est femme  au foyer et milite depuis plusieurs années. Après des études d’économie à  l’Université d’Alger, elle décide que sa "place est à la maison pour fonder une  famille et s’occuper des enfants".    Vêtue d’un hidjab (voile laissant le visage apparent) strict dans sa villa  de la banlieue d’Alger, la candidate refuse d’être prise en photo "pour desraisons personnelles".    "Je suis choqué que des militantes féministes puissent penser que les lois  de la république fassent la différence entre le témoignage d’un homme et celui  de la femme", déclare un avocat, Mokrane ait Larbi, à l’AFP.    "La Constitution Algérienne et toutes les lois de la république consacrent  l’égalité des sexes, il est impensable de dire que la voix d’une femme vaut la  moitié de celle d’un homme", ajoute Me ai Larbi.  
 

Algerie – ennaharonline

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close