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Crise du gaz : UNE AUBAINE POUR L’ALGERIE

  • La Russie a beau accabler Kiev dans la crise gazière, son image de partenaire stable de l’Europe a été écornée. Mais Moscou espère encore marquer des points à moyen terme en obtenant que l’Ukraine soit contrôlée, voire contournée par ses alliés occidentaux, jugent les experts.
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  •    Certes, l’Ukraine porte une part de responsabilité dans le conflit car elle a tardé à payer la Russie pour le gaz livré fin 2008 alors même qu’elle bénéficiait d’un tarif préférentiel très éloigné des prix payés par l’Europe.
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  •    Mais c’est Moscou qui a coupé l’approvisonnement européen après avoir accusé les Ukrainiens d’en siphonner une partie, entraînant l’Union européenne (UE) dans un conflit à l’origine bilatéral et laissant ses clients sans gaz en pleine vague de froid.
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  •    "La Russie est de ce point de vue le plus grand perdant, d’abord du point de vue de son image politique et de sa position sur la scène mondiale", relève Evgueni Volk, qui dirige le centre d’analyse Heritage Foundation à Moscou.
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  •    "Quelles que soient les raisons économiques spécifiques à la crise, il est clair que la Russie n’a pas fait de son mieux pour prévenir la crise avec l’Ukraine", poursuit-il.
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  •    Mais Moscou n’est pas pour autant tout perdu, selon Nikolaï Petrov de l’institut Carnegie, car en jouant sur l’aggravation de la crise, le Kremlin force aussi Bruxelles à réfléchir sérieusement au rôle de l’Ukraine pro-occidentale dans un conflit qui ressurgit chaque année.
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  •    Et avec la venue dès dimanche d’observateurs européens en Ukraine et en Russie pour s’assurer que le gaz russe transite sans encombre via le territoire ukrainien, Moscou parvient à encercler son voisin.
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  •    "La Russie voulait sortir l’Europe d’une vision: l’Ukraine en voie de démocratisation est maltraitée par la Russie autoritaire", relève M. Petrov.
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  •    "Elle a voulu l’internationalisation du conflit et obtient que l’Ukraine soit maintenant surveillée des deux côtés, pas seulement du côté russe, pour prouver que c’est bien Kiev qui entrave les livraisons", poursuit-il.
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  •    Moscou espère ainsi que l’Union européenne a été plus échaudée par le comportement des Ukrainiens que celui des Russes, et que sa priorité sera dès lors de se défaire de sa dépendance vis-à-vis du transit ukrainien, plutôt que d’aller chercher de l’énergie ailleurs qu’en Russie.
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  •    Premier dividende possible, Nord Stream, le projet russo-allemand d’un gazoduc sous la mer Baltique contournant l’Ukraine, pourrait ainsi se retrouver avec le vent en poupe.
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  •    "L’Allemagne peut désormais convaincre d’autres Européens de l’importance de ce projet", note M. Petrov.
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  •    "Nos partenaires européens prennent conscience maintenant que ce projet est nécessaire et doit être mis en oeuvre rapidement", a déclaré le Premier ministre russe Vladimir Poutine pendant la crise.
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  •    Mais l’Union européenne pourrait bien être tentée par un scénario court-circuitant aussi bien Moscou que Kiev, et dès lors se concentrer sur des sources énergétiques alternatives.
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  •    "L’initiative russe de suspendre toutes les livraisons a porté un coup violent à la collaboration entre les Européens et (le géant russe) Gazprom", reconnaît M. Petrov.
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  •    L’UE peut espérer notamment augmenter ses importations de gaz depuis l’Algérie, développer le nucléaire, ou s’unir autour du Nabucco, un gazoduc qui doit relier la mer Caspienne et l’Europe via la Turquie, mais dont l’approvisionnement n’est pas encore assuré.
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  •    "Après cette crise, la Russie pourrait bien se retrouver face à une politique énergétique commune de l’Union européenne qui empêchera (Moscou) de jouer sur les désaccords entre Européens", souligne le journal russe Kommersant.
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  • Ennahar/ AFP

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