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Crise du gaz : Une aubaine pour les pays producteurs dont l’Algérie

  •    Malgré les promesses russes et ukrainiennes, le transit de gaz russe vers l’Europe restait pratiquement inexistant mardi, a déploré Bruxelles, impuissante à raisonner ses imprévisibles partenaires russes et ukrainiens.
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  •    A court terme, l’Europe est coincée par sa dépendance vis-à-vis de l’un des plus grands producteurs de gaz mondiaux.
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  •    Mais elle souffre aussi d’un marché intérieur de l’Energie au fonctionnement défaillant. Après des années de tergiversations, l’UE est en passe d’adopter une nouvelle législation censée insuffler plus de concurrence dans le marché du gaz.
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  •    "Il faut un marché intérieur en état de fonctionner", soulignait encore mardi un haut responsable de la Commission, tentant de cerner les remèdes à la crise.
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  •    Bruxelles soupçonne les groupes gaziers européens de sous investir depuis des années dans les projets de gazoducs afin de mieux écarter leurs concurrents.
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  •    "Il n’y a aucune raison pour que les interconnexions transfrontalières à l’intérieur de l’Union européenne soient si faibles, la faute en revient à des marchés nationaux monopolistiques", accuse Ian Cronshaw, un expert de l’Agence internationale de l’Energie (AIE).
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  •    A l’inverse, le marché gazier américain (chapeauté au niveau fédéral) investit avec célérité dans des grands projets, comme en atteste un gazoduc d’environ 3.000 km dans les Rocheuses, lancé en 2004 et mis en service voici un an.
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  •    Les livraisons de gaz sont également régies en Europe par des contrats à long terme, apportant peu de flexibilité. Ainsi le gaz venant du port belge de Zeebrugge, l’un des plus importants terminaux gaziers européens, peut techniquement être acheminé par gazoduc vers l’Allemagne mais ce pays n’en voit pas une trace.
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  •    Le maillage de gazoducs présente d’autres lacunes flagrantes. Ainsi la crise actuelle a mis en lumière le fait que la Bulgarie et la Slovaquie sont les seuls pays d’Europe à ne pas être reliés à leurs voisins européens.
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  •    Pour améliorer la sécurité énergétique européenne, la construction de "petits" tronçons pour se connecter par exemple à un terminal portuaire de gaz naturel liquéfié (LNG) peut donc être tout aussi cruciale que les mégaprojets de gazoducs comme Nabucco, Nord Stream et South Stream, jugent les experts. 
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  •    "Il manque des infrastructures, l’Europe a besoin de plus de gazoducs" pouvant être notamment utiles en temps de crise, souligne un spécialiste en sécurité énergétique de la Commission.
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  •    Les Pays-Bas ont dit par exemple vendredi pouvoir accroître leur production de 10% durant deux semaines pour faire face à la crise. En réalité, ce coup de pouce était techniquement impossible en raison de la saturation des réseaux de transport.
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  •    Si les Européens traînent des pieds pour améliorer ou construire leurs gazoducs, ils ont été réactifs dans le domaine du gaz naturel liquéfié. 
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  •    Cette alternative, permettant à l’Europe d’échapper à l’emprise russe en allant par exemple frapper en Algérie, au Nigeria ou au Qatar, représente aujourd’hui seulement 10% de la consommation de gaz de l’UE, mais pourrait atteindre "25% à moyen terme", note M. Cronshaw. Quinze terminaux existent et quatre sont actuellement en construction. 
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  •    Pour ce qui est de l’alternative nucléaire, qui a le vent en poupe, malgré les déclarations d’intention seules deux nouvelles centrales nucléaires sont en construction en Finlande et en France.
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  •    Or le temps ne joue pas en faveur des Européens: la production de gaz de l’UE est en déclin et la demande croît.
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  • Ennaharonline/ AFP

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