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Crise malienne : l’ONU insiste sur la priorité du dialogue


Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Saïd Djinnit, a déclaré jeudi que "le dialogue est la priorité" pour résoudre la crise au Mali, ajoutant que la mise en place d’un gouvernement représentatif est incontournable pour la recherche d’une solution.

Dans une conférence de presse donnée au Palais des Nations à Genève, M. Djinnit a rappelé que l’unité et l’intégrité territoriales du Mali sont menacées par les velléités de sécession de certains groupes et par les agissements de groupes terroristes dans la région.

L’arrivée en grande quantité, suite au conflit en Libye, d’armes et de personnes étrangères constitue une troisième source d’inquiétude, a-t-il ajouté.

Pour le représentant de Ban Ki-moon, des efforts pour mettre en place un gouvernement représentatif "doivent être déployés pour que les institutions maliennes soient au cœur de la recherche d’une solution au Mali".

Selon lui, des efforts se portent sur "la promotion d’un dialogue nécessaire, d’une part entre les Maliens pour mettre au point une feuille de route de sortie de crise, notamment en vue d’organiser des élections présidentielles, et d’autre part pour garantir le recouvrement de l’intégrité territoriale du Mali par le dialogue".

Il a également affirmé que l’ensemble des partenaires du Mali, que ce soit les Nations Unies, l’Union africaine (UA) ou la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), "soutiennent sans réserve l’intégrité territoriale" de ce pays.

Néanmoins, a-t-il observé, "même si le dialogue est la priorité, une action militaire n’est pas à exclure", rappelant que l’ONU a demandé à la CEDEAO des précisions supplémentaires sur les objectifs et conditions d’une éventuelle opération armée.

Répondant à la question d’un journaliste qui s’enquérait des conditions du dialogue entre les parties en conflit, M. Djinnit a ajouté que le médiateur, le président Blaise Compaoré, du Burkina-Faso, a tenu tout récemment à Ouagadougou une réunion afin d’exhorter les parties au conflit à mettre en place un gouvernement d’union nationale.

En même temps, le médiateur a appelé les parties maliennes à mettre en place une structure nationale pour dialoguer avec les groupes armés qui se trouvent au Nord du pays.

Abordant la situation générale dans l’Afrique de l’Ouest, il a réaffirmé que cette région est confrontée à une nouvelle vague de défis sécuritaires, illustrée par la crise au Sahel, en particulier au Mali, et par le coup d’Etat en Guinée-Bissau.

Il a fait part, plus précisément, de la persistance de problèmes transfrontaliers, en particulier le terrorisme et la piraterie, qui "continuent de préoccuper les dirigeants de la sous-région".

Interrogé sur les conséquences de la criminalité transnationale dans la sous-région, M. Djinnit a indiqué que l’Afrique de l’Ouest était devenue une zone de transit du trafic de drogue entre l’Amérique latine et l’Europe. En raison de la faiblesse des institutions d’Etat de droit et des capacités limitées pour lutter contre ce fléau, le trafic de drogue y prospère, de même que la consommation de drogues, a déploré ce responsable onusien.

"Ceci devient un problème de santé publique, en plus d’être une menace à la sécurité et à l’ordre public. En outre, les trafiquants utilisent les mêmes voies de passage que d’autres groupes criminels transnationaux, notamment ceux coupables de la traite des personnes, du trafic d’armes ou encore d’actes de piraterie et de terrorisme, et on constate des liens entre les différents groupes, en particulier entre terrorisme et trafic de drogues", a relevé M. Djinnit.

 

  Algerie – ennaharonline

 

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