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Crise malienne : « Ramener la paix, ce n’est pas s’engager dans une guerre »

  "Nous sommes au côté du Mali (…) pour régler ce problème, mais il faut qu’on sache une chose: traiter ce problème, ramener la paix, ce n’est pas s’engager dans une guerre", a déclaré M. Aziz lors d’une conférence de presse à Bamako, où il a effectué une visite de quelques heures.

   Il faut privilégier le dialogue "parce que, tôt ou tard, on aura besoin de discuter", a-t-il ajouté en présence de son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta qui, a-t-il dit, "est décidé à suivre cette voie".

   Des combats ont éclaté le 17 mai à Kidal (extrême nord-est) entre forces maliennes et groupes armés incluant des rebelles touareg, alors que le Premier ministre Moussa Mara y était en visite. 

   De nouveaux affrontements ont opposé les deux camps mercredi dans la ville, ensuite tombée aux mains des groupes armés de l’aveu même du gouvernement, qui a demandé un cessez-le-feu immédiat.

   Les groupes rebelles ont affirmé avoir pris le contrôle d’autres localités du vaste Nord malien, ce qu’a nié Bamako. Mais jeudi soir, l’ONU a indiqué qu’au moins deux villes de la région – Kidal et Ménaka – étaient contrôlées par les rebelles.

   "Nous devons faire l’effort nécessaire pour apaiser les esprits. (…) Nous allons continuer à surmonter les difficultés avec le dialogue", a encore dit le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

   De son côté, le président Keïta a réitéré la disponibilité des autorités aux discussions: "Nous avons toujours été ouverts au dialogue, à l’échange avec nos frères".

   Mohamed Abdel Aziz a assuré que le Mali pouvait compter sur la Mauritanie dans ses efforts pour "ramener la paix dans la région".

   "Tout ce qui touche le Mali touchera directement la Mauritanie, et nous sommes prêts à nous engager aux côtés de nos frères pour trouver les solutions", a-t-il dit.

   Les deux pays partagent une frontière longue de quelque 2.300 km.

   Le Mali a connu une profonde crise politico-militaire de 18 mois déclenchée par une offensive de rebelles touareg en janvier 2013. Il a été l’un des pays les plus touchés ces deux dernières années par les activités de groupes liés à Al-Qaïda qui écument le Sahel, avec des divers trafiquants.

   Les autorités maliennes ont soutenu que les rebelles touaregs se sont appuyés sur des combattants de plusieurs de ces groupes jihadistes dans leur bataille actuelle contre l’armée à Kidal.

   En 2010 et 2011, la Mauritanie avait régulièrement mené des opérations militaires contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) en territoire malien qualifiées de "préventives", au moment où le régime du président malien de l’époque, Amadou Toumani Touré – renversé en 2012 – était accusé d’incurie face aux jihadistes.

   Les autorités mauritaniennes n’ont pas dépêché de troupes au Mali dans le cadre de l’intervention franco-africaine dans ce pays depuis janvier 2013 contre les jihadistes, mais elles ont "assuré l’inviolabilité" des frontières de la Mauritanie "face aux bandes armées" en débandade, avait assuré le président Aziz en février. (APS)

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