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Dans le nord du Niger, l'ex-eldorado libyen devenu une "menace"

  Eldorado à l’époque de Kadhafi, la  Libye est devenue une "menace" pour les habitants du nord du Niger, traumatisés  par les deux attentats suicide perpétrés, selon Niamey, par des jihadistes  venus du Sud libyen.    "La Libye, ce n’est plus le pays qui nous nourrissait, elle est devenue une  vraie menace pour notre paix !", résume Iliassou, un conducteur de moto-taxi,  interrogé par l’AFP à Agadez.    Dans la principale ville du nord du Niger aux confins du désert, une  attaque contre le grand camp militaire a fait le 23 mai une vingtaine de morts,  essentiellement des soldats. Presque au même moment à Arlit, à quelque 200  kilomètres au nord, un autre attentat tuait un employé nigérien sur un site  d’uranium du groupe nucléaire français Areva.    A travers les ruelles ocres et poussiéreuses d’Agadez, depuis les "fadas" –  ces points de rendez-vous en plein air où l’on prend le thé en bavardant –  jusqu’au marché et aux abords de la célèbre mosquée, la Libye voisine, d’où  venaient les assaillants selon le président nigérien Mahamadou Issoufou, est  dans tous les esprits.    "Comment un pays si généreux et si calme a-t-il pu se muer en un monstre  ?", s’interroge Alousseïni Algabas, professeur de lycée.    Directeur de la radio locale Sahara FM, Ibrahim Manzo a son explication:  "c’est l’effondrement du régime de Kadhafi qui nous a amené tous ces problèmes".    Comme lui, de nombreux habitants d’Agadez sont des nostalgiques du "Guide"  libyen Mouammar Kadhafi, tué en octobre 2011 à l’issue d’un conflit de huit  mois avec une rébellion.    Sous Kadhafi, qui fut à la fois bailleur de fonds pour le nord du Niger et  parrain des rebelles touareg des années 1990 et 2000 basés à Agadez, des  milliers de ressortissants de la région partaient travailler en Libye, d’où ils  envoyaient de l’argent pour leurs familles restées au pays.    Nombre d’entre eux ont ensuite été chassés par les nouveaux maîtres de  Tripoli, et continuent de l’être. Quelque 1.500 clandestins ouest-africains  expulsés de Libye, dont beaucoup de Nigériens, sont arrivés le week-end dernier  à Agadez. Certains errent comme des âmes en peine dans la cité, en attendant de  retenter de passer la frontière libyenne.    "Avant de devenir un sanctuaire de terroristes, la Libye était une de nos  mamelles", souligne Abdou, policier à la retraite. 

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