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Pourquoi le départ de Bouteflika au terme de son mandat est un « danger »

Algérie – Comme révélé par ALG24, le Président de la République pourrait annoncer son départ de la Présidence à la fin de son mandat, soit le 28 avril prochain. Contactée par nos soins, la Constitutionnaliste Fatiha Benabou estime que cela constitue un « danger » pour les institutions du pays.

Pour elle, aucun Article de la Constitution en vigueur ne prévoit cette situation de « vide constitutionnel ». « Si il (Le président de la République) reste jusqu’à la fin de son mandat, il risque de laisser l’Algérie dans un vide constitutionnel et dans ces conditions, il faudrait trouver un autre moyen ». Pour Mme Benabbou, l’autre moyen est « d’invalider le décret du 11 mars devant le Conseil constitutionnel, parce qu’il n’est pas possible que l’Algérie reste sans président, on rentrerait dans une crise politique ».

La constitutionnaliste Fatiha Benabou affirme que seules « deux institutions peuvent convoquer le corps électoral ; le Président de la République normalement élu et le Président du Conseil de la nation, mais pour ce dernier, seulement en cas d’application de l’Article 102 ».

Pour Mme Benabou, pour qu’il y ait une sortie de crise, « soit le Président décide de démissionner et de sortir par la grande porte, il va rendre service à l’Algérie et ne pas l’installer dans une crise politique, sinon les autorités doivent invalider le décret reportant les élections présidentielles, qui est entaché d’inconstitutionnalité ».

« Une crise politique est dangereuse pour nous tous, personne ne peut y échapper. Pour éviter que l’Algérie ne sombre dans une crise qui peut être grave, il faudrait que les députés saisissent le Conseil constitutionnel et que les membres de ce Conseil acceptent de contrôler ce décret (celui du 11 mars) pour constater qu’il est entaché clairement d’inconstitutionnalité », prévient-elle.

Cette situation est d’autant plus dangereuse parce que, selon la constitutionnaliste, la Présidence est « l’institution principale qui prend toutes les décisions. Tout l’édifice institutionnel repose sur le Président ». « Le fait qu’il y ait une vacance à la présidence, c’est déjà un danger ».

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One Comment

  1. Des deux maux il faut choisir le moindre. Dans la première option on aura un monsieur sans aucune légitimité qui prendrait des décisions de président. Dans la seconde on aurait un vide constitutionnel. Situation j’allais presque écrire habituelle. Le haut conseil de sécurité pourrait de ce fait se réunir et comme en 1992 décider de confier les rênes du pays à une direction qui aurait la mission d’organiser les élections présidentielles. Le président ainsi élu pourrait avancer dans le calendrier des réformes. En toute légitimité. Pour le peuple algérien Bouteflika c’est fini. C’est fini.

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