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Des centaines de Kurdes syriens manifestent contre la présence turque à Afrine

Des centaines de personnes ont manifesté samedi à Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, à l’appel des autorités kurdes syriennes pour demander le retrait de l’armée turque de la région d’Afrine (nord-ouest).

Les forces turques et leurs supplétifs rebelles syriens ont pris la région d’Afrine aux Kurdes en mars, après une offensive militaire de deux mois qui a contraint des dizaines de milliers de personnes à trouver refuge ailleurs.

Depuis, des milliers de personnes déplacées par les combats dans d’autres régions de la Syrie en guerre, comme la Ghouta orientale, près de Damas, se sont installées dans la ville d’Afrine, partiellement vidée de ses habitants.

Les Kurdes de Syrie assurent qu’il s’agit là d’une volonté de changer la démographie de la région.

Ces derniers ont établi une administration autonome dans les territoires qu’ils contrôlent, à laquelle Afrine était d’ailleurs rattachée avant sa prise par la Turquie.

A Qamichli, les manifestants ont notamment brandi le drapeau jaune, vert et rouge des régions kurdes syriennes et des pancartes indiquant: “Non à l’occupation turque”.

“Va-t-en, va-t-en Erdogan, meurtrier, meurtrier Erdogan”, ont scandé certains vivement opposés au président turc Recep Tayyip Erdogan.

“Notre peuple a été contraint de partir (d’Afrine) et des combattants d’autres zones (de Syrie) ont été amenés là pour y vivre”, a indiqué Ghassan Juli, habitant de Qamichli de 38 ans. C’est un “désastre”.

Selon les Nations unies, environ 135.000 personnes ont choisi de rester dans la région d’Afrine, dont un tiers dans la ville du même nom.

Depuis le début du conflit en Syrie en 2011, qui a coûté la vie à plus de 350.000 personnes, la moitié de la population syrienne a été contrainte de quitter son foyer, soit environ 11 millions de personnes.

La guerre s’est complexifiée au fil des ans pour se transformer en un conflit impliquant des puissances étrangères, des groupes terroristes et des milices.

La Turquie intervient en Syrie depuis l’été 2016, avec l’aide de groupes rebelles syriens, officiellement pour lutter contre le groupe Daech et une milice kurde syrienne (YPG, Unités de protection du peuple) qu’elle considère comme “terroriste” mais qui est alliée aux Occidentaux dans la lutte contre Daech en Syrie.

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