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Des milliers de chiites à Bagdad pour un pèlerinage sous haute tension

    
    Plusieurs dizaines de milliers de  pèlerins convergeaient mercredi vers un mausolée de Bagdad pour y commémorer la  mort d’une figure révérée par les chiites, majoritaires en Irak et cibles ces  dernières semaines de violences accrues.    La capitale irakienne a été pratiquement bouclée et les barrages de l’armée  et de la police se sont multipliés pour faire face au risque d’attentats qui  ont fait plus de 1.000 morts en mai à travers le pays, selon les Nations unies.  Il s’agit du bilan mensuel le plus lourd depuis 2008.    Kadhimiyah, le quartier du nord de Bagdad où se déroulent les  commémorations, était noir de monde, selon un photographe de l’AFP.     Les commémorations devaient culminer dans la journée, lorsque les pèlerins  porteront un cercueil symbolique en direction du mausolée de l’imam Moussa  al-Kadhim, 7e imam du chiisme, empoisonné en 799 par le calife abasside Haroun  al-Rachid.    Mettant en avant "la coopération entre les forces de sécurité", le  porte-parole du ministère de l’Intérieur, Saad Maan, a assuré à l’AFP qu’"aucun  incident ne (s’était) produit pour le moment".    Les pèlerins chiites, qu’ils soient Irakiens ou étrangers, sont souvent  visés par les insurgés sunnites qui les qualifient d’"apostats".    "Les terroristes ne nous font pas peur. Nous ne nous arrêterons pas sur  notre chemin qui est le chemin emprunté par la famille du prophète", a déclaré  Khaled Naama, 35 ans, un travailleur journalier venu de Samawa, à 280 km au sud  de Bagdad.    "J’espère que le monde islamique et que tous les terroristes comprendront  que les pèlerins sont venus pour faire un pied de nez au terrorisme", a  renchéri Hamoud Jassim, employé d’une société pétrolière publique.    Les attentats se sont multipliés depuis le début de l’année et visent tant  les mosquées chiites que sunnites, les funérailles, mais aussi les forces de  sécurité.    A en croire observateurs et analystes cette flambée de violences est à  mettre en grande partie sur le compte de la paralysie politique qui accable  l’Irak.    La minorité sunnite se sent ostracisée par les autorités, dominées par les  chiites. Les insurgés mettent cette colère à profit pour s’attirer la sympathie  de cette communauté. 

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