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Des pèlerins chiites racontent l'horreur de l'attentat de Kazamiyah à Bagdad

  •    Le jeune homme a eu de la chance de survivre: ses jambes et un de ses bras sont constellés d’éclats et il devra subir plusieurs opérations.
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  •    "Tous les amis qui m’accompagnaient sont morts", raconte-t-il à l’AFP, allongé sur un lit de l’hôpital de Kazamiyah, le quartier de l’ouest de Bagdad où a eu lieu l’attentat suicide qui a coûté la vie à au moins 35 personnes.
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  •    Meyssam patientait dans la queue pour passer les portiques de sécurité menant à l’entrée du mausolée de l’imam Moussa Kazim lorsqu’il a entendu une énorme explosion qui a fait trembler le sol et brisé les vitres des bâtiments voisins.
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  •    "J’étais presque au portique lorsque j’ai entendu l’explosion, et après je me suis réveillé à l’hôpital", explique-t-il d’une voix creuse, déplorant immédiatement la sécurité déficiente qui a permis à la kamikaze de se faufiler jusque-là.
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  •    "Les portiques de sécurité ne servent à rien, ils font attendre les pèlerins dans de longues queues, et maintenant regardez les conséquences", dit-il, montrant du doigt les autres blessés graves dans la même chambre que lui.
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  •    Les chiites participent actuellement aux cérémonies du Mouharram, une période de dix jours qui culminera mercredi avec l’Achoura, la commémoration du martyr en 680 de l’imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et fils de l’imam Ali.
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  •    Et avec l’amélioration relative de la sécurité en Irak, notamment à Bagdad, des centaines de milliers de chiites affluent du monde entier en Irak pour effectuer leur pèlerinage dans les lieux saints de l’islam chiite, dont les plus importants sont Kerbala, Najaf et le mausolée de Moussa Kazim à Bagdad.
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  •    Ce mausolée est situé dans un quartier qui a connu des violences extrêmes en 2006 et 2007. Progressivement, la sécurité est revenue. Mais à deux reprises, le 27 décembre et dimanche, deux attentats meurtriers ont rappelé que la situation restait fragile à Kazamiyah.
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  •    Un autre pèlerin iranien, Mohammed Charifi, se souvient qu’il allait également entrer dans le mausolée lorsque l’explosion s’est produite.
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  •    "Au dernier portique de sécurité, je me trouvais à deux mètres de la porte lorsque soudain je n’ai plus senti le sol", confie le quinquagénaire d’une voix faible sur son lit de douleur.
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  •    "Les cinq membres de ma famille qui m’accompagnaient sont morts", ajoute ce conducteur de poids lourds, des tubes sanglants émergeant de son ventre d’où les chirurgiens ont retiré de nombreux éclats.
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  •    L’année dernière, deux millions de chiites avaient assisté aux cérémonies de l’Achoura dans la seule ville de Kerbala, qui se caractérisent par des processions d’hommes en transe mystique qui se flagellent avec des chaînes.
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  •    En 2006 et 2007, ces cérémonies ont été la cible d’attentats perpétrés par des insurgés sunnites ou Al-Qaïda. Mais les Irakiens estiment insuffisant le renforcement des mesures de sécurité pour protéger les pèlerins.
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  •    "Le gouvernement doit augmenter la sécurité en prenant de vraies mesures, comme du travail de renseignement pour trouver les cellules dormantes de terroristes, et pas juste des barrages de contrôle superficiels", râle Rachid al-Cheikh, propriétaire d’un bureau de change près du mausolée.
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  •    Abou Ali, qui tient une boutique de vêtements traditionnels pour femmes, craint que ces violences restent longtemps gravées dans les esprits. "Ce genre de violences laisse des blessures psychologiques", juge-t-il.
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  • Ennahar/ AFP

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