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Désinformation naïve ou mercantile d’une élite autoproclamée

“Ce qui est aisé à croire ne vaut pas la peine de croire”, disait Alain dans Minerve ou De la sagesse.

Mauvaises lectures, légèreté dans l’analyse de l’actualité politique, mise en avant des idées reçues, etc. Ce sont des phénomènes que l’on retrouve souvent dans les discours des adeptes de la théorie du complot qui, cigarette au bec, s’amusent à donner raison à leur imaginaire à travers une folle lecture de ce qui se trame dans les sombres couloirs du pouvoir. Un récit amusant est souvent mis en scène, enjolivé de satire et de rire.
Cependant, lorsqu’une telle lecture, légère et superficielle, est pondue par un homme politique, autrefois candidat à l’élection présidentielle, il y a de quoi s’inquiéter et se poser des questions sur le devenir de l'”élite” algérienne.
En effet, Noureddine Boukrouh, “acteur de la vie intellectuelle et politique algérienne depuis 1970”, s’est voulu l’auteur d’une chronique sur le rappel à l’ordre du président Bouteflika à l’adresse du Premier ministre Abdelmadjid Tebboune. Une lecture d’un “intellectuel et homme politique” basée et construite sur une mauvaise interprétation. Explications:
Intitulée “Émeute au sommet de l’Etat”, Noureddine Boukrouh s’interroge et tente d’interpréter le fait qu’une information que “devrait annoncer l’APS (agence de presse officielle) ou l’ENTV (Télévision d’Etat) a été confiée à Ennahar TV”.
“Pourquoi cette chaîne de statut étranger a-t-elle pris la place de l’agence officielle de presse et de la chaîne publique de télévision ? C’est un des mystères de la communication de l’Etat sous le quatrième mandat”, s’interroge Boukrouh.
Cette simple interrogation a suffi au candidat à l’élection présidentielle de 1995 d’affirmer une “émeute au sommet de l’Etat”. Cependant, ce qu’ignore (ou omet) M. Boukrouh, c’est le fait qu’il ne s’agit nullement, pour l’information rapportée par Ennahar TV, d’un communiqué officiel de la Présidence de la République, mais d’une “information exclusive décrochée par un journaliste”, tel que le précise Anis Rahmani dans un tweet ce matin. “La presse à l’ère des fausses lectures ! C’est aberrant de voir la soi-disant “élite” verser dans le complotisme et le discours rabâché…”, s’est-il indigné.
Si cette “élite” autoproclamée n’arrive pas à donner une analyse objective et rejoint, nourrit même, naïvement ou malveillamment, un discours stéréotypé omniprésent dans la société, comment peut-on espérer que le lecteur algérien puisse se prémunir de la désinformation ?

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