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Disparition de Turki Bin Bander, l’autre affaire Khashoggi impliquant le Maroc

Algérie – C’est une affaire qui risquerait d’enfoncer l’Arabie Saoudite et mettre dans l’embarras le Maroc.  L’extradition suivie de la disparition de Turki Bin Bander, l’ancien chef de sécurité des Al-Saoud, est remise au goût du jour, après plus de trois ans d’omerta.

Le prince dissident saoudien a peut être connu le même sort que le journaliste Jamal Khashoggi. Arrêté à l’aéroport de Casablanca, la capitale économique du Maroc, le 11 novembre 2015, il fut extradé illico presto au royaume wahhabite, alors qu’initialement il devait s’envoler pour Paris.

Depuis cette date, l’homme n’a plus donné signe de vie. Son devenir reste inconnu. Est-il emprisonné ? Est-il en vie ? Aucune information n’a filtré. Aucune communication n’a été donnée par les autorités saoudiennes.

Ces dernières se sont lancées depuis l’intronisation du roi Salman dans une course effrénée au rapatriement forcé des exilés Saoudiens opposant au régime en place. Des rapatriements et / ou bien des tentatives de rapatriement, qui se soldent par la disparition, sinon l’anéantissement de la personne concernée.

L’on peut aisément faire une comparaison entre le récent meurtre du journaliste Jamal Khashoggi et la disparition de l’émir Turki Bin Bander Bin Abdul Rehman Al-Saoud. Les mêmes similitudes, ou presque, gravitent au tour des deux affaires.

A quelques détails, elles sont en effet semblables. Sauf que dans ce cas précis, l’implication d’une tierce partie, en l’occurrence l’état marocain, semble être engagée.

S’exprimant à l’AFP, une source diplomatique marocaine a affirmé récemment, tout justement après les premières comparaisons faites dans la presse notamment Le Monde, que les autorités de son pays ont agi suite à l’émission d’un mandat d’arrêt international.

« Ce n’est pas une disparition comme l’ont décrit certains médias, mais une procédure normale », a indiqué la source marocaine. Et d’ajouter, « Les deux phases, administrative et judiciaire, ont été respectées après l’arrestation de celui-ci sur la base d’un mandat d’arrêt international ».

Une version qu’Interpol a visiblement contestée, selon Yabiladi. « Le secrétariat général d’Interpol n’a pas émis de notice de quelque nature que ce soit, ni de diffusion relative à cette personne », a rapporté le site d’information marocain.

« Toutes les demandes d’arrestations internationales ne sont pas faites via Interpol », a ajouté la même source.

Somme toute, il est question d’un démenti direct à la version que le Makhzen a essayé de faire véhiculer à travers ses canaux. Le même Makhzen n’a d’ailleurs toujours pas répliqué à ce démenti, selon Le Desk.

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