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[Document] Ce qu’a dit Yacef Saadi sur Ben M’hidi lors des interrogatoires

Algérie – A l’occasion du 61e anniversaire de l’assassinat de Larbi Ben M’Hidi, icône incontestable de la Révolution algérienne, une déclaration polémique de Yacef Saadi a ressurgi et a suscité encore plus de controverse, après la réponse de Drifa Ben M’Hidi.

En 2014, Yacef Saadi avait affirmé que le Chahid Larbi Ben M’Hidi « n’a pas tiré une seule balle de sa vie contre l’ennemi ». Dans cette même déclaration, il affirmait que Ben M’Hidi « était à Oran et n’a jamais travaillé à Alger ». Des déclarations qui ont soulevé interrogations et indignations.

Pour un éclairage, nous vous proposons un extrait des aveux écrit « librement » par Yacef Saadi lors des interrogatoires menés par l’armée coloniale en septembre 1957. Dans cet extrait, il parle du rôle de plusieurs Moudjahidine, dont Larbi Ben M’Hidi, et se plaignait du « harcèlement » exercé sur lui par le CCE (Comité de coordination et d’exécution/FLN). Et contrairement à ses récentes déclarations, Yacef Saadi avait avoué à l’armée française que Ben M’Hidi était à la Casbah pendant un certain temps pour diriger le groupe dont il faisait partie.

Les aveux de Yacef Saadi (Extrait)

« Je fus de nouveau harcelé par le CCE (Benkheda). C’est alors que pour répartir les tâches j’ai dû créer des réseaux s’occupant de ces bombes: réseau Bennaceur dit « Toufik », élément en contact à l’époque avec les groupes communistes convertis au FLN (Yveton).

Hattab Mohamed, Arbadji Omar Ader, et Bencherif Omar. Vu l’importance et le développement de l’organisation, je fus mis en contact avec le nommé Chergui Brahim, élément politique avec qui je collaborais en définissant les lignes de conduite politiques. Notre contact nous réunissait à trois : Benkhedda, Chergui et moi, et pour toute autre travail (décision,) Ben M’Hidi prenait tout en charge. Ben M’Hidi se décida à rejoindre la Casbah pour mieux contrôler nos actions et s’assurer de leur exécution. Une fois par semaine, Ben M’Hidi allait faire sa réunion avec le CCE. Notre proposition ne changeait guère, il fallait toujours attaquer. Vers le mois d’octobre, je fis connaissance de Drif Zohra qui m’a été présentée par le nommé Khechida Abdallah, dit ‘Mourad’. Cette fille devait se charger des liaisons. Quelques jours après, c’est même Abdallah qui me présenta Hassiba Ben Bouali, elle était recherchée. Je devais la prendre en charge et la mettre dans abri sûr chez Djémila Bouired (Djamila Bouhired).

Djémila Bouired, en même temps que Drif Zohra me servait d’agent de liaison. Djémila Bouired était en contact avec Zoulikha qui lui transmettait du courrier destiné aux autres filles.

Je recevais donc des ordres directement de Ben M’Hidi, installé chez le Bachagha Boutaleb, où furent réglée trois bombes. Cette fois-ci, en dehors de mes connaissances, Ammar Ali (alias Ali La Pointe) fut chargé de l’exécution de cette action : bombes stades, réglées par Si Mourad, qui fut appelé par Ammar Ali et envoyé par moi.

Avant son arrestation et mon départ de la Casbah, Ben M’Hidi m’avait signifié le départ hors d’Algérie, en compagnie du CCE, donc officiellement je devais assurer le commandement de la Zone Autonome d’Alger. »

Les confessions intégrales de Yacef Saadi à suivre prochainement…

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