En directAlgérie

La double peine des victimes du chantage

Algérie – Alors que l’instigateur en chef est à l’abri, ses apprentis bourreaux sont présentés comme les victimes d’ « une machine à persécution ». Des appels se font entendre ça et là, par des avocats commis d’office, pour exiger leur libération, invoquant le sacro-saint motif de « la liberté d’expression ». Qu’en est-il des véritables victimes ?

Longtemps harcelées, désabusées et menacées, les victimes du chantage sur internet souffrent d’une double peine. Outre le préjudice moral causé par le chantage, elles tombent sous le coup de l’oubli. Les victimes sont en effet livrées à elles-mêmes. Personne n’en a cure d’en parler.

Il est question, dans ce cas précis, d’une atteinte à la vie privée. Des personnes lambda, si l’on retient ce qualificatif, ont été touchées dans leur amour propre. Comme tout chacun, il s’agit de femmes et d’hommes qui ne demandaient pas à être mis sous les feux de la rampe. Une propulsion plus rapide que le matraquage médiatique dont ils ne voulaient pas.

Car, dans cette affaire tout se faisait par le biais d’une prise de contact avec la victime. Une victime à qui l’on demandait de s’acquitter d’une rançon… d’une dîme. Une pratique déjà vue et connue par les Algériens durant les heures sombres du pays. De facto, le lien avec la critique journalistique se trouve brisé.

Faute de payer la dîme, le souffre-douleur devient l’objet d’une cabale, minutieusement et soigneusement orchestrée, sur un sur un terrain que le et/ou les maîtres chanteurs pensaient qu’il leur garantirait une impunité éternelle. Ce terrain n’est autre que celui d’internet, plus précisément les réseaux sociaux – Facebook pour pousser le bouchon loin – où tout se partage comme une traînée de poudre.

Galvanisés par la vitesse des clics, des posts haineux et attentatoires publiés sur la page Facebook d’un fugitif ont été largement partagés sans que l’on s’inquiète du phénomène. En somme, ce sont des attaques dont la liste des victimes est longue. Des fonctionnaires, des journalistes, des animateurs ou même des parlementaires et des ministres en ont fait les frais. Ils payé le tribut lourd.

Derrière la partie visible de l’iceberg se cache en toute évidence un réseau qui se voulait tentaculaire et dont les méthodes sont bien huilées. Toutefois, comme le dit la maxime : « le tyran supportera les vicissitudes du sort ». Les masques commencent à tomber.

Indéniablement, il ne s’agit pas là d’une affaire de liberté d’expression, ni d’un bâillonnement manu militari de journalistes. Là-dessus, l’intervention du ministère de la Communication, dans le but de rétablir la vérité, ou tout simplement l’établir, est plus que nécessaire.

Tags

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close