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Durban II : la conférence sur le racisme s'ouvre sur fond de défections

  •    Ayant fait planer le doute jusqu’à la dernière minute, les Etats-Unis, l’Australie et les Pays-Bas ont finalement annoncé qu’ils ne participeraient pas à la conférence, qui doit assurer le suivi de celle, houleuse et très controversée d’il y a huit ans à Durban, en Afrique du Sud.
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  •    Israël et le Canada avaient, quant à eux, fait savoir de longue date qu’ils ne seraient pas présents et l’Italie leur avait emboîté le pas début mars.
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  •    Les Pays-Bas et l’Australie redoutent ouvertement que la réunion ne soit l’occasion d’attaques antisémites du type de celles qui avaient gravement entaché la réunion de 2001, avec le départ fracassant des Etats-Unis et d’Israël.
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  •    Pour ces derniers, comme pour l’Union européenne, le problème majeur est la venue du président iranien, connu pour ses virulentes diatribes contre Israël et qui doit prononcer un discours lundi après-midi au siège des Nations unies de Genève.
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  •    "La conférence est trop importante pour qu’elle fasse l’objet d’un détournement à des fins politiques et d’attaques contre l’Occident", s’est expliqué le ministre néerlandais des Affaires étrangères Maxim Verhagen.
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  •    Inquiets et divisés, la majorité des pays de l’UE n’avaient toujours pas tranché dimanche en début d’après-midi sur leur participation à la réunion hormis la Grande-Bretagne qui a annoncé sa présence, quoiqu’au simple niveau de son ambassadeur.
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  •    Outre les craintes liées à M. Ahmadinejad, la plupart des pays occidentaux sont revenus ce week-end sur le projet de déclaration finale produit par les diplomates vendredi à Genève et qui semblait avoir obtenu un consensus.
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  •    Le document, entériné vendredi par le comité préparatoire de la conférence, ne faisait pourtant plus mention d’Israël ni de la diffamation des religions, deux "lignes rouges" pour les Occidentaux. Ces derniers avaient également obtenu que le paragraphe sur la mémoire de l’Holocauste soit maintenu contre l’avis de l’Iran.
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  •    De nombreux diplomates s’étaient dits satisfaits de ce texte.
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  •    Mais contre toute attente, les capitales consultées pendant le week-end ont accueilli le texte avec beaucoup de réserves, s’inquiétant d’atteintes à la liberté d’expression.
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  •    Reconnaissant les "progrès" accomplis, les Etats-Unis ont pour leur part déploré qu’y figure la réaffirmation de la Déclaration et Programme d’action de Durban (DDPA) de 2001, qu’ils avaient alors refusé d’adopter.
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  •    La DDPA comporte en effet deux paragraphes traitant du conflit israélo-palestinien que Washington conteste. Celui sur le "sort du peuple palestinien vivant sous occupation étrangère" qui figure au chapitre des "victimes du racisme", ce qui revient à assimiler l’occupation à du racisme.
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  •    Pour la directrice de l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch à Genève Julie de Rivero, ne pas participer à la conférence est "inacceptable".
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  •    "Ces pays tournent le dos aux victimes du racisme et mettent gravement en danger le travail de l’ONU contre le racisme", a-t-elle réagi dimanche, craignant un "effet domino".
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  •    Pour Mme de Rivero, la conférence était l’occasion de "dépasser tout ce qui avait entaché" la conférence de 2001.
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  • Ennaharonline/ AFP

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