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Egypte: un jeune homme que la police aurait battu à mort devient un symbole

  •    Des affiches montrant le jeune homme avant sa mort ont été brandies dans des manifestations, alors que circulent sur internet des images difficilement soutenables d’un visage sans vie couvert de plaies, présenté comme le sien après avoir été violemment frappé.
  •    Des groupes à sa mémoire sont apparus sur le réseau social Facebook dont l’un, intitulé "mon nom est Khaled Mohamed Saïd" revendiquait lundi 130.000 membres.
  •    Des militants des droits civiques égyptiens ont mis son portrait sur leur propre profil Facebook, et l’affaire apparaît également sur Twitter. Une trentaine de personnes ont été arrêtées dimanche soir lors d’une manifestation à sa mémoire au Caire.
  •    Un journal pro-gouvernemental a en revanche dénoncé un détournement de clichés pris selon lui après autopsie.
  •    Le jeune homme, selon des témoins, a été traîné la semaine dernière en dehors d’un café internet d’Alexandrie (nord) après avoir refusé de se laisser fouiller par des policiers en civil, puis violemment battu dans la rue.
  •    Fait rare, certains témoins ont accepté de parler à la télévision.
  •    "Il n’ont pas arrêté de le battre. Il a essayé de se défendre alors ils lui ont frappé la tête contre un mur", a raconté un témoin sur une chaîne satellitaire égyptienne.
  •    "Quand il est tombé, ils l’ont frappé à l’estomac et au visage jusqu’à ce qu’il saigne de la bouche. Nous avons essayé de leur dire qu’il était mort, mais ils ont prétendu qu’il faisait semblant", a poursuivi ce témoin.
  •    "Il a été traîné de force hors du café internet et battu à mort dans la rue", a lui aussi déclaré le Centre El-Nadeem, une organisation égyptienne de défense des droits de l’Homme.
  •    Des voisins ont décrit Khaled Mohamed Saïd comme "un jeune homme ordinaire" qui passait beaucoup de temps à écouter de la musique et sur internet.
  •    Le ministère de l’Intérieur a dans un premier temps indiqué samedi que la victime était décédée après avoir avalé de la drogue au moment où la police l’abordait, dédouanant les policiers de toute responsabilité.
  •    Mais le procureur-général, Abdel-Méguid Mahmoud, a demandé dimanche un complément d’enquête sur cette affaire.
  •    Amnesty International a appelé vendredi à "une enquête immédiate et indépendante" sur la mort de Khaled Mohamed Saïd survenue "alors qu’il était aux mains des forces de sécurité".
  •    Les "images horribles" de son corps "sont une preuve choquante (…) de l’usage routinier de la force brutale par la sécurité égyptienne qui croit agir dans un climat d’impunité", a encore affirmé Amnesty.
  •    Cette affaire a également relancé les critiques sur le maintien depuis trente ans en Egypte d’une loi sur l’état d’urgence, renouvelée en mai pour deux ans, malgré la promesse des autorités de la limiter à la lutte contre le terrorisme et contre la drogue.
  •    Cette loi, a souligné Amnesty International, "permet aux forces de sécurité de commettre des violations, qui sont rarement sanctionnées".
  •    Le journal gouvernemental al-Gomhouria a entamé une contre-attaque lundi en accusant ceux qui utilisent ces images, notamment en les postant sur internet, de vouloir "ternir l’image de l’Egypte et de son bilan en matière de droits de l’Homme".
  •    "Poster une photo n’est pas apporter une preuve de brutalité policière", affirme le journal dans un éditorial, en accusant les militants des droits d’utiliser des clichés pris après autopsie pour dénoncer des tortures.
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  • Ennaharonline
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