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Election au Yémen: le début d'un processus "difficile"

Pour l’émissaire de l’ONU au Yémen, Jamal  Benomar, l’élection d’un nouveau président mardi n’est que le début d’un rocessus "difficile" et semé d’embûches qui doit aboutir à l’application d’un  accord ayant permis d’éviter au pays la guerre civile.  M. Benomar a joué un rôle de premier plan dans la mise en oeuvre de  l’accord en vertu duquel le président Ali Abdallah Saleh quitte le pouvoir  après 33 ans à la tête du Yémen, en échange de l’immunité pour lui-même et les  siens. L’élection du vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi, unique candidat, pour  une période intérimaire de deux ans marque le début "d’une voie difficile et  semée de dangers", déclare à l’AFP le responsable onusien.  "Les Yéménites ont réalisé qu’il ne pouvait y avoir ni vainqueur ni vaincu  (…) et la communauté internationale et le Conseil de sécurité de l’ONU les  ont aidés à parvenir à cet accord" de transition politique signé en novembre à  Ryad, indique M. Benomar.    Il estime que le Yémen fait cependant face à "beaucoup de dangers, dont le  manque de confiance entre les parties sur le plan politique, la dégradation de  la sécurité, l’absence de l’Etat dans plusieurs régions et la situation  humanitaire" catastrophique. L’impasse politique découlant du refus de M. Saleh de démissionner avait  provoqué de sanglants combats à Sanaa au printemps dernier entre adversaires et partisans du président, laissant craindre une explosion généralisée, notamment  en raison du ralliement d’une partie de l’armée au soulèvement populaire.    Une commission militaire a veillé au retrait des combattants des rues, mais  les proches du chef de l’Etat continuent de contrôler les principaux organes de  sécurité, dont la garde républicaine, commandée par le fils de M. Saleh, Ahmed.    Interrogé à ce sujet, M. Benomar indique qu’il est "nécessaire de  restructurer l’armée" comme prévu par l’accord mais qu’il s’agit "d’un projet à long terme qui ne se réalisera pas en un ou deux mois, ou même trois".    L’émissaire de l’ONU, qui a travaillé sans relâche au cours des derniers  mois pour parvenir au mécanisme d’application de l’accord de sortie de crise,  explique que l’élection doit être suivie par "un large dialogue national  englobant toutes les parties n’ayant pas contribué au processus politique  jusqu’à présent".   Il cite en particulier les jeunes, qui ont déclenché il y a un an le  soulèvement contre le président Saleh, la rébellion zaïdite –branche du  chiisme– qui contrôle de larges parties du nord du pays et le Mouvement  sudiste qui réclame l’autonomie dans le sud.    Les rebelles nordistes et les autonomistes sudistes boycottent tous deux le  scrutin mardi, mais les premiers sont plus enclins à prendre part au dialogue  national.   "Une nouvelle Constitution sera ensuite élaborée, qui constituera un  nouveau pacte social entre les Yéménites, et des élections générales seront  tenues dans deux ans", ajoute M. Benomar.   L’émissaire de l’ONU, dont c’est la neuvième visite au Yémen depuis avril  dernier, tient à souligner que le scrutin de mardi est "unique dans le monde  arabe, car il est le fruit d’un compromis politique qui devrait éviter au Yémen  la guerre civile".   Le Yémen est de fait le premier pays arabe où un soulèvement populaire   aboutit à une solution négociée. Certains ont appelé à une "solution à la  yéménite" pour le soulèvement syrien, mais M. Benomar estime que "chaque cas a  ses spécificités propres".   Le diplomate onusien de 54 ans, ancien prisonnier politique au Maroc, a  déployé tant d’efforts pour convaincre les Yéménites de s’entendre que le  journal de langue anglaise Yemen Times lui a décerné le titre "d’Homme de  l’année".

   

 

 

 

 

Algérie- ennaharonline 

 

 

 

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