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Embuscade, mines, renseignement: techniques d'insurrection syrienne

 Avec ses armes légères, l’Armée syrienne  libre (ASL), qui affronte les chars et hélicoptères de Bachar Al-Assad, n’a  d’autre choix que de recourir à la guerre asymétrique: embuscades, mines  artisanales, infiltration, désinformation.    Faute d’une aide étrangère conséquente, l’ASL est une armée de misère dont  les combattants achètent eux-mêmes leurs armes (fusils-mitrailleurs  kalachnikov, M16 ou FN) lorsqu’ils ont les moyens, ou récupèrent celles de  soldats capturés ou tués.    "J’ai 12.000 hommes sous mes ordres mais la moitié seulement possède une  arme. Ils se repassent les kalachnikovs entre eux", déplore le chef militaire  rebelle de la province de Hama (centre), "Abou Ahmad" de son nom de guerre.    Ses groupes de combattants, commandés par des officiers selon le même  système de grades que les forces gouvernementales, alignent au mieux quelques  lance-roquettes et mitrailleuses lourdes, se déplaçant dans des véhicules  cabossés à la fiabilité douteuse.    Ils affirment ne pas posséder de canons antichars ni antiaériens face aux  blindés et à l’aviation d’Assad. "Nous manquons de tout", a expliqué Abou Ahmad  à un journaliste de l’AFP qui se trouvait récemment dans la région de Hama.     "Même nos téléphones satellitaires sont coupés car les factures n’ont pas  été payées. Nous communiquons avec des talkie-walkie de faible portée. En les  disposant de manière appropriée, nous avons une chaîne de communication d’une  province à l’autre", poursuit-il.    Du coup, l’ASL recourt à la guérilla: "Nous utilisons des mines et  disposons de francs-tireurs. Nous harcelons et attaquons des petits groupes de  soldats pour les capturer ou les tuer et leur prendre leurs armes", confie-t-il.    Un de ses officiers, "Abou Abdo", montre des vidéos tournées par ses hommes.    Sur l’une d’elles, des 4X4 militaires foncent sur une grande route. A leur  passage, une série d’explosions obstrue la voie sur plusieurs centaines de  mètres.    "On a connecté des mines artisanales entre elles, qu’on a déclenchées à  distance", explique Abou Abdo.   Dans une autre vidéo: deux chars T72 de conception russe arrivent à  l’entrée d’un pont, celui-ci explose, les blindés tombent dans le vide.    D’après Abou Abdo, "ce sont des Libyens qui nous ont appris à faire des  mines artisanales, avec télécommande ou plaques de pression, au C4 (un  explosif) ou au nitrate d’ammonium (un engrais)".    Dans le Jabal Chahchabou, chaîne de montagnes arides surplombant la plaine  agricole de Hama, Abdallah Turk et ses 40 combattants se sont installés dans un  bâtiment de béton.    "Nous menons des opérations chaque jour. Nous encerclons des voies lorsque  leurs effectifs sont inférieurs aux nôtres. Nous leur demandons à l’aide d’un  haut-parleur de se rendre. Parfois ils le font ou désertent, et parfois…" Il  n’en dit pas plus.    Son groupe agit essentiellement la nuit: "Nous connaissons très bien les  villages, les routes et les chemins. Nous n’avons pas besoin d’équipement de  vision nocturne, et de toute façon nous n’en avons pas".    Quand l’opération réussit, les rebelles s’emparent des équipements, armes  et munitions et détruisent les chars. "Si nous les gardions, les hélicoptères  viendraient vite les détruire", explique Abou Ahmad.
 
 
 
 

 Algerie – ennaharonline

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