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En France, le "vote musulman" n'existe pas

  •    Les électeurs musulmans "se distribuent sur l’ensemble de l’échiquier politique", de l’extrême droite à l’extrême gauche, selon la sociologue Nacira Guenifi qui parle de "convergence des comportements électoraux" avec ceux de l’ensemble des Français.
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  •    Leur vote est "très dispersé" et "n’exprime pas l’appartenance religieuse", confirme le président du Conseil français du culte musulman (CFCM, instance représentative en France), Mohamed Moussaoui selon lequel l’émergence d’une classe moyenne "a pu favoriser un certain vote à droite", même si aucune étude sur un vote communautaire n’a jamais été réalisée.
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  •    Lors de la dernière présidentielle, des musulmans n’avaient pas caché leur préférence pour le dirigeant du Front national (FN, extrême droite) Jean-Marie Le Pen, qui avait lui-même choisi une jeune fille d’origine nord-africaine pour illustrer une des premières affiches de sa campagne.
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  •    Un étudiant avait alors expliqué sous couvert de l’anonymat à l’AFP qu’il partageait avec l’ex-dirigeant frontiste "certaines valeurs morales" comme l’interdiction du mariage homosexuel.
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  •    Mais en 2007, il y a eu surtout un "effet d’aubaine" profitable au candidat puis au président Nicolas Sarkozy, qui avait mis en avant des icônes venues de pays musulmans comme Rachida Dati, de père marocain et de mère algérienne, et Rama Yade, de parents sénégalais, selon Mme Guenifi.
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  •    Cette stratégie a engendré "un transfert de voix sur Nicolas Sarkozy et non sur la droite", analyse la sociologue. Mais, table-t-elle, ce "moment d’émerveillement électoral ne pas vas se reproduire en 2012 car la politique d’affichage outrancière" de M. Sarkozy a abouti à "un désenchantement" de ces électeurs.
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  •    Au gouvernement, les figures de la diversité "n’ont jamais été en position d’exercer le pouvoir" et "ce qui reste finalement dans le marbre ce sont les lois de plus en plus répressives" mises en place par Mme Dati lorsqu’elle était ministre de la Justice alors que l’ex-ministre de la Ville Fadela Amara, d’origine algérienne, "a joué le rôle de fossoyeur de la politique de la ville", accuse Mme Guénif.
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  •    "Il n’y a pas de vote musulman mais des musulmans qui votent pour des valeurs et chacun en fonction de ses références", remarque Akli Mellouli, élu socialiste.
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  •    Par contre, dit cet adjoint au maire de Bonneuil (région parisienne), "il y a un vote anti-musulmans que l’UMP veut disputer au FN en organisant ce débat sur la laïcité qui est en réalité un débat sur l’islam".
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  •    Ce débat que le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé doit organiser le 5 avril a soulevé la colère de musulmans lors d’une réunion d’élus et de responsables associatifs tenue jeudi soir à la mosquée de Paris.
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  •    Le recteur de la Grande mosquée de Paris Dalil Boubakeur a appelé le président de la République à l’annuler car "les citoyens musulmans de France ne doivent pas être les boucs-émissaires d’une situation de crise".
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  •    Un militant du Gard, Abdallah Zekri, chargé de mission au CFCM et aumônier musulman des hôpitaux, a déchiré sa carte et appelé "tous les musulmans de l’UMP" à l’imiter.
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  •    Coiffé de sa casquette de président du Conseil des démocrates musulmans de France, Abderahmane Dahmane, conseiller technique à la présidence, a même appelé ses coreligionnaires à "ne pas renouveler leur adhésion" à l’UMP tant qu’il n’aura pas annulé le débat. Des propos qui lui ont valu d’être sèchement remercié vendredi.
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  •    Quelque 5 à 6 millions de musulmans vivent en France, qui connaît un débat persistant sur la place de l’islam dans la société, qui s’est notamment traduit par une loi d’interdiction du voile islamique intégral, burqa ou niqab.
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  • Ennaharonline

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