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En Turquie, le mouvement anti-Erdogan ne faiblit pas

    Des milliers de personnes sont à  nouveau descendues samedi dans les rues de Turquie malgré les appels répétés du  Premier ministre Recep Tayyip Erdogan à l’arrêt immédiat de la contestation qui  ébranle depuis neuf jours tout le pays.    Toujours aussi déterminés, des milliers de manifestants ont occupé la place  Taksim d’Istanbul et le désormais fameux parc Gezi, dont la destruction  annoncée a déclenché la plus grave crise politique depuis l’arrivée au pouvoir  du gouvernement islamo-conservateur en Turquie en 2002.    "Il y a une semaine, je n’aurais jamais pu m’imaginer en train de dormir  dans les rues d’Istanbul", a confié à l’AFP Aleyna, une manifestante enveloppée  dans sa couverture. "Maintenant je ne sais plus si je pourrai en partir".    "Le Premier ministre essaie tous les jours de diviser la population", a  déploré Eroy Dilek, un étudiant en génie mécanique de 21 ans, "nous reviendrons  ici tous les jours jusqu’à ce qu’il démissionne".    Les protestataires reprochent au Premier ministre, leur principale cible,  son exercice autoritaire du pouvoir et l’accusent de vouloir islamiser la  société turque.    Critiqué dans son pays comme à l’étranger pour la brutalité avec laquelle  la police a réprimé la fronde qui le vise, M. Erdogan a légèrement adouci  vendredi le discours extrêmement ferme qu’il tient depuis plus d’une semaine  contre les contestataires, souvent qualifiés de "vandales" ou d’"extrémistes".    "Nous sommes contre la violence, le vandalisme et les actions qui menacent  les autres au nom des libertés", a-t-il déclaré lors d’un forum international à  Istanbul, mais "nous accueillons de tout coeur ceux qui viennent avec des  exigences démocratiques".    Lors de la même conférence, le commissaire européen à l’Élargissement  Stefan Füle a une nouvelle fois dénoncé "le recours excessif à la force" qui  "n’a pas sa place dans une démocratie" et appelé M. Erdogan au dialogue.    Sur le même thème, la chancelière allemande Angela Merkel, la Fédération  internationale des journalistes (FIJ) ou la Fédération internationale des  droits de l’Homme (FIDH) ont haussé le ton contre les brutalités policières. 

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