Monde

Erdogan lance la construction d'un troisième pont sur le Bosphore

     Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a lancé mercredi la construction d’un troisième pont reliant les rives  européenne et asiatique d’Istanbul au dessus du détroit du Bosphore pour un  coût d’environ 3 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros).    "Quand le projet sera complètement achevé, il va alléger le fardeau  d’Istanbul, qui est un des plus importants corridors de transit au monde", a  déclaré M. Erdogan avant d’appuyer sur le bouton commandant la première coulée  de ciment, près du village de pêcheurs de Garipçe, sur la rive européenne du  Bosphore.    "Nous pensons grand", a affirmé avec fierté le chef du gouvernement  islamo-conservateur en énumérant les projets pharaoniques envisagés par son  administration, de la construction d’un aéroport géant –l’appel d’offres a été  remporté début mai par un consortium turc pour 22,15 milliards d’euros– à  celle d’un canal reliant la mer Noire à la mer de Marmara pour désengorger le  Bosphore.    M. Erdogan a évoqué un coût approximatif de 3 milliards de dollars.    "Ce pont sera nommé Sélim 1er Yavuz", a indiqué le président Abdullah Gül,  en hommage au premier sultan ottoman à avoir endossé le titre de calife,  c’est-à-dire de dirigeant de la communauté des musulmans, et dont le règne a  duré de 1512 à 1520.    Le nouveau pont autoroutier et ferroviaire, d’une longueur de 1.275 m, doit  franchir le Bosphore dans sa partie nord, près de la mer Noire. Il doit faire  partie d’un nouvel axe autoroutier de quelque 260 km reliant la Thrace  orientale à l’Anatolie en contournant la zone urbaine d’Istanbul.    Sa construction et son exploitation pour 10 ans et 3 mois ont été  attribuées en mai 2012 par un appel d’offres au consortium turco-italien  Içtas-Astaldi.    Un premier appel d’offres organisé en janvier 2012 avait été annulé en  raison de l’absence de candidatures.    Deux ponts suspendus ont déjà été construits sur le détroit du Bosphore, en  1973 et 1988.    Istanbul, la principale agglomération de Turquie avec plus de 15 millions  d’habitants, est confrontée à de graves problèmes de trafic routier, notamment  en raison des goulets d’étranglement que constituent les deux ponts existants.    Les détracteurs du projet de troisième pont, en discussion depuis plusieurs  années, estiment que celui-ci va défigurer le nord du Bosphore et les forêts  voisines, jusque-là plutôt bien préservés de l’urbanisation, et encourager les  Stambouliotes à utiliser d’avantage la voiture. 

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close