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FAO: le nombre de migrants internationaux est passé à 248 millions durant ces 25 dernières années

Algérie – Le nombre de migrants internationaux est passé de 153 millions à 248 millions entre 1990 et 2015, a indiqué l’Organisation des Nations unis pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un rapport, publié sur son site web.

Le rapport intitulé « 2018, la situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture: migration, agriculture et développement rural », a précisé qu’au niveau mondial, la migration internationale qui représente un phénomène significativement plus faible que la migration interne, n’a augmenté que de 2,9 % à 3,3% en proportion de la population mondiale et qu’une partie importante de cette migration internationale a lieu entre les régions et les pays Sud-Sud.

Les chiffres reflétant les migrations internes sont en effet bien plus importants que ceux des migrations internationales, selon l’agence onusienne, qui a fait état de plus de 1,3 milliard de personnes vivant dans les pays en développement qui ont migré à l’intérieur de leur propre pays.

 » Dans ces pays, précisent les auteurs du rapport, le nombre de migrants internes (ayant vécu dans une région autre que leur lieu de naissance) est sept fois plus élevé que le nombre de migrants internationaux ».

Ils ont noté, par ailleurs, que beaucoup de ces flux ont lieu dans des pays qui se trouvent dans un processus de transformation structurelle et d’urbanisation et dans lesquels les régions agricoles et rurales sont importantes en termes de proportion de la population.

En 2016, il y avait dans le monde 66 millions de personnes déplacées de force du fait des persécutions, des conflits, de la violence généralisée et des violations des droits de l’homme, dont 40 millions étaient des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, les autres étaient des réfugiés ou des demandeurs d’asile.

 

La quasi-totalité des réfugiés internationaux sont accueillis par des pays en développement

 

Les auteurs du rapport  notent que la plupart des réfugiés internationaux (85%) sont accueillis par des pays en développement.

« Les pays de destination à revenu élevé considèrent de plus en plus la migration internationale comme un enjeu majeur. Or, les réfugiés internationaux sont accueillis presque en totalité par des pays en développement « , relève la même source.

Les auteurs du rapport focalisent sur la migration rurale qui « constitue une composante importante de tous les mouvements nationaux (au sein du pays) et internationaux (entre les pays) ».

« En effet, en moyenne dans les pays en développement, une plus grande proportion de personnes migre d’une région rurale à une autre plutôt que d’une zone rurale vers une zone urbaine », ont-ils fait constater.

La migration des zones rurales vers des zones urbaines et la migration des zones urbaines vers d’autres zones urbaines est plus courante dans les sociétés plus urbanisées.

Le rapport explique que finalement la migration interne et la migration internationale sont souvent liées dans le sens où les personnes qui ont déjà migré à l’intérieur de leur propre pays sont plus susceptibles de migrer à l’échelle internationale. .

Le document de la FAO relève que la participation des femmes aux migrations internationales augmente. Elles représentent désormais environ la moitié de l’ensemble des migrants internationaux.

 

La migration impact l’agriculture

 

Le rapport souligne que la migration rurale peut avoir des conséquences importantes sur le pays d’origine en termes de développement rural, de sécurité alimentaire et de nutrition.

« Il y a des avantages et des coûts » a-t-on soutenu.

Pour ce qui est des répercussions négatives de l’immigration, les auteurs du rapport font remarquer qu’elle constitue d’abord une perte pour le ménage dont le migrant est issu.

La famille  se trouve ainsi privé d’un de ses membres (dont la main-d’œuvre était importante pour le ménage) et la composition du ménage change.

La perte de main-d’œuvre familiale peut avoir également une incidence négative sur les niveaux de production agricole et non-agricole du ménage, et peut pousser les ménages à réorienter la production vers des cultures et des activités exigeant moins de main-d’œuvre.

Quant à l’aspect positif de ce phénomène, le rapport évoque les transferts de fonds des migrants qui contribuent à l’aide des ménages confrontés à des difficultés financières à investir dans de nouvelles technologies.

« Ils peuvent également permettre aux ménages d’investir davantage dans l’éducation de leurs enfants, d’accroître leur patrimoine et d’investir dans des actifs », selon les auteurs du rapport.

Outre, l’aspect financier, la FAO a également évoqué les transferts d’ordre social (non monétaires) tels que des idées, des compétences, des transferts de technologie et de nouveaux modèles sociaux ramenés ou transmis par les migrants de retour au pays.

Les auteurs du rapport estiment toutefois que les enjeux et les coûts liés à la migration ne peuvent être ignorés.

« La balance entre les avantages et les coûts n’est pas toujours positive pour ceux qui partent ou pour ceux qui restent », a conclut le rapport.

APS

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