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« Finie la peur ! » : Hamrouhe fait un bilan de parcours du « Hirak », évoque l’Armée

Algérie – « La marche du 22 février a brisé le mur de la peur et mis un terme à la résignation ».

C’est ce qu’écrit sur sa page Facebook, Mouloud Hamrouche, évoquant les manifestations anti-Pouvoir qui secouent le pays depuis huit semaines maintenant.

Pour l’ancien chef du gouvernement, « cet impressionnant mouvement est une révolte pacifique et austère contre le système ». Des décennies de blocages, de manque flagrant de progrès politique et social et de refus d’accès au statut de citoyen par une gouvernance des plus absurdes et des plus figées, dit-il. « Une gouvernance qui a fabriqué et installé des réseaux d’obédience et d’allégeance qui disputent aux Algériens leur sécurité, leurs droits et leurs libertés au quotidien et empêche l’édification de l’Etat national de droit ».

Ainsi, le « hirak pacifique », qui fascine déjà, précise M. Hamrouche, a empêché « une confrontation sanglante entre clans par l’intermédiaire des réseaux d’allégeance et d’obédience ».

Le mouvement a renforcé l’Armée…

Poursuivant, M. Hamrouche écrit que « par son ampleur unitaire, le mouvement a évité à l’armée d’intervenir et de garder sa cohésion intacte. Ensuite avec l’évolution de la situation au sein du sérail, l’« armée a pris naturellement et formellement position avec le peuple ».

Ce qui lui permet de ne pas être en contradiction avec son statut d’armée nationale et de ne pas être une cible fragile à détruire par d’autres puissances étatiques étrangères, « particulièrement méditerranéennes ou de l’OTAN, à l’instar de celles de l’Irak, de la Libye et de la Syrie », souligne-t-il.

« Car, l’ordre mondial et ses puissances étatiques ne s’accommodent jamais de la présence d’une armée puissante qui échappe à des contrôles constitutionnels, institutionnels et des lois d’un contrôle rigoureux en termes de fonctionnement, d’emploi et d’utilisation », dit-il. Encore moins, souligne l’ex chef du gouvernement, « si elle est mise au service ou à la disposition d’un omnipotent pour servir d’outil de gouvernement et de répression ou d’instrument de pression et de chantage aux voisinages ».

Pour lui,  » seules des armées nationales soumises à contrôle institutionnel et constitutionnel et assujetties à l’obligation de l’Etat et à son contrôle ont un droit d’exister et d’établir des relations internationales et être intégrées dans le système mondial de paix, de maintien de l’ordre et de stabilisation régionale ».

Il faut considérer, souligne M. Hamrouche, que le commandement en rejoignant le peuple dans ses revendications légitimes a su sauvegarder le statut national de l’armée. Il lui reste à contribuer au parachèvement de l’édification de l’Etat national par la mise en place d’une Constitution et d’institutions de vrais pouvoirs d’autorisations, de régulations, d’habilitations et de contrôles. Cela mettra l’armée définitivement, conclut-il, « à l’abri des conflits politiques partisans, permettra de servir de base politique au gouvernement ou d’être un outil entre les mains d’un omnipotent ».

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