Santé & Bien-être

Les fortes chaleurs augmentent le niveau du stress physiologique

Les fortes chaleurs qui affectent l’Algérie en été ces dernières années sont susceptibles d’avoir des effets sur les personnes, avec l’augmentation du stress de chaleur humain, ainsi que sur son environnement, a indiqué le directeur du Centre climatologique national (CCN).

Compte tenu de l’évolution du climat, le stress de chaleur fort et extrême a augmenté en Algérie, a indiqué M. Salah Sahabi-Abed à l’APS, soulignant que cette tendance pourrait entraîner des effets sociaux, économiques et environnementaux sur le pays, et un impact sur le confort humain.

Il a précisé, à titre d’exemple, que l’élévation de la température la nuit « augmentera fortement » ce qu’on appelle la Température physiologique équivalente (PET) du corps humain, sachant que le corps humain est sensé profiter la nuit pour se rafraichir afin d’équilibrer le processus de thermorégulation.

Le PET est utilisé, généralement, en bioclimatologie pour évaluer la température ressentie par le corps et le stress de chaleur humain, a expliqué l’expert.

Ainsi, le niveau du stress physiologique « fait référence à tout changement dans la relation entre le corps humain et son environnement. S’il n’est pas compensé par le processus de thermorégulation, il résulterait en hyper-ou hypothermie », a-t-il indiqué.

Sur la base d’une étude qu’il a menée dans ce cadre, M. Sahabi-Abed a relevé qu’en plus de l’expansion urbaine rapide, les conditions climatiques chaudes extrêmes prévues vont devenir des « facteurs de complication pour les zones côtières algériennes fragiles, particulièrement en été », ce qui entraînerait des « effets sociaux, économiques et environnementaux ».

En appliquant notamment la variabilité saisonnière de PET des cinq grandes villes représentant les différentes conditions climatiques et géographiques de l’Algérie (région côtière, les hauts plateaux et le grand Sahara », il a précisé que le PET « sert à mettre l’accent sur l’impact du climat sur le stress de chaleur humain sous différents régimes saisonniers et régionaux ».

Il a souligné, à cet égard, l’importance de cette étude dans la mesure où « elle concerne pour la première fois les conditions bioclimatiques sur l’Algérie », relevant, à ce propos, que l’application du PET constitue « une nouvelle approche pour évaluer les conditions bioclimatiques en Algérie, comme elle peut servir aux secteurs du tourisme et de la santé en particulier ».

L’usage du PET « figure dans les nouvelles méthodologies introduites à l’échelle internationale dans le domaine du tourisme à travers le schéma d’informations du tourisme climatique (CTIS) permettant une comparaison entre les résultats obtenus à travers cette étude sur l’Algérie avec d’autres pays », a expliqué M. Sahabi-Abed.

Compte tenu de l’évolution du climat, l’étude « montre, comme nouveauté, une augmentation de jours avec le stress de chaleur fort et extrême dans les trois dernières décennies et examine les risques et les avantages pour le tourisme en Algérie », a-t-il fait observer, mettant en évidence le fait que l’Algérie compte différentes conditions climatiques régionales « non seulement à l’échelle annuelle, mais aussi sur une échelle temporelle saisonnière ».

Cette étude, qui a porté sue les villes d’Alger, Oran, Constantine, Tamanrasset et Béchar, devrait s’étendre aux autres sites peuplées ou potentiellement touristique de l’Algérie du fait qu’elle pourrait « soutenir la promotion des activités récréatives et touristiques et aider les décideurs, les planificateurs et les autres intervenants dans différents secteurs, en particulier du tourisme et la santé ».

Selon l’étude, « la saison d’hiver présente les conditions les plus favorables pour les régions sahariennes avec seulement un climat peu chaud », alors que « les saisons intermédiaires donnent un avantage concurrentiel pour les deux villes du Nord (Oran, Alger) et dans une moindre mesure la zone intérieure (Constantine) ».

« Compte tenu de la perception thermique et aussi du stress physiologique de l’organisme humain, la saison estivale est aussi le plus difficile, en particulier dans le désert bien que pas aussi rigoureux, à l’intérieur du pays », relève-t-elle.

Ainsi, « cette situation inconfortable pendant la saison d’été est moins prononcée dans la zone littorale méditerranéenne du pays, en particulier près des côtes, ce qui explique le tourisme interne intensive vers ces régions au cours de la saison estivale ».

Pour l’Algérie, « le signal du changement climatique est maintenant apparu », a souligné l’expert, ajoutant que « l’ampleur, la durée et la fréquence des événements extrêmes de chaleur enregistrée dans les cinq villes confirme la situation constatée pour le sud de l’Europe, à l’instar de l’Italie ».

Sahabi-Abed a soutenu que cette étude et son extension à d’autres villes algériennes « peuvent aider à atténuer les risques liés au changement climatique », estimant que « la dimension climatique devrait bénéficier d’une priorité dans le développement de toute activité future socio-économique pour l’Algérie ».

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