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France: pas d'état de grâce pour Hollande qui prépare sa prise de fonctions

 

 
 Sous la surveillance des marchés et sans  pouvoir espérer d’état de grâce, le président élu français, François Hollande,travaillait lundi à la formation de son gouvernement et prenait des contacts au  niveau européen pour faire avancer l’idée d’un pacte de croissance.  Elu dimanche avec 51,62% des voix contre 48,38% au président sortant  Nicolas Sarkozy, le socialiste est sous la pression d’un calendrier très serré  et d’une situation en zone euro qui pourrait rapidement se dégrader.    Les élections législatives grecques, tenues en même temps que la  présidentielle française, laissent planer le risque d’un pays ingouvernable.  "Aujourd’hui, c’est le travail, même s’il n’y a pas eu de transmission du  pouvoir", a déclaré le président élu à son arrivée à son QG de campagne.   "Il n’y a pas encore de date fixée (pour sa prise de fonctions) mais je  dois me préparer. J’ai dit que j’étais prêt. Maintenant, je dois l’être  complètement", a-t-il ajouté avant une réunion avec sa garde rapprochée.  "Constitution d’une équipe", "préparation de déplacements internationaux": "c’est une semaine extrêmement chargée", selon le directeur de campagne de M.  Hollande, Pierre Moscovici.François Hollande doit notamment préparer une rencontre avec la chancelière  allemande Angela Merkel, ainsi que le G8 et l’Otan, à qui "François Hollande  annoncera le retrait des troupes françaises d’Afghanistan d’ici à la fin de  l’année", a dit lundi son porte-parole, le député Manuel Valls.    M. Hollande, 57 ans, doit être officiellement investi d’ici au 15 mai. Il a  reçu dès dimanche soir les félicitations d’Angela Merkel, du président  américain Barack Obama et du Premier ministre britannique David Cameron. Le président élu a indiqué que sa première visite à l’étranger serait  réservée à la chancelière allemande. Barack Obama l’a invité à une rencontre  bilatérale à la Maison Blanche avant les sommets du G8 et de l’Otan prévus dans  deux semaines aux Etats-Unis.    Il sait qu’il ne bénéficiera d’aucun "état de grâce", a confié l’un de ses  plus proches amis, l’ancien ministre des Finances Michel Sapin.    Pour M. Hollande, la priorité est de renégocier le pacte de discipline  budgétaire, destiné à juguler la crise de l’euro, et lui adjoindre un volet  pour la croissance.    Son élection intervient alors que les Grecs ont désavoué, lors des  législatives, les partis qui avaient accepté les politiques d’austérité dictées  par les bailleurs de fonds du pays, Union européenne en tête. Dans d’autres  pays, ces politiques sont également réprouvées avec de plus en plus de vigueur  par les opinions publiques.    Les bourses européennes ont ouvert en baisse, en grande partie en réaction  aux résultats en Grèce, épicentre de la crise en zone euro. Les marchés avaient  en revanche déjà anticipé une victoire de François Hollande.    "L’Europe nous regarde (…) Je suis sûr que dans bien des pays européens,  ça a été un soulagement, un espoir, l’idée qu’enfin l’austérité pouvait ne plus  être une fatalité", avait lancé M. Hollande dimanche lors de sa première  déclaration de président élu.    Snobé pendant la campagne par les leaders conservateurs européens, en  particulier Angela Merkel, qui a longtemps rejeté sa demande d’une politique de  croissance économique au niveau européen, François Hollande va devoir négocier  durement avec les Allemands pour espérer faire avancer ses idées.    Son conseiller spécial, Jean-Marc Ayrault a estimé lundi que Paris et  Berlin devaient oeuvrer très vite pour relancer la croissance en Europe. "Quand  on a des points de désaccord – il y en a beaucoup en ce moment entre la France  et l’Allemagne, en tous cas entre François Hollande et la politique de Mme  Merkel -, il faut que chacun fasse un pas vers l’autre", a-t-il déclaré.    Berlin a fait un pas dans la direction du nouveau président dès dimanche  soir. "Nous devons maintenant sceller un pacte de croissance pour plus de  compétitivité", avait estimé le chef de la diplomatie allemande Guido  Westerwelle.   Mais dans l’esprit des Allemands, la croissance passe davantage par des réformes structurelles, comme celle du marché du travail, que par des  investissements sur de grands projets européens prônés par François Hollande.  Le nouveau président doit également travailler à la formation de son  gouvernement et au choix de son Premier ministre.    Jean-Marc Ayrault et la patronne du Parti socialiste Martine Aubry sont  donnés favoris pour diriger son premier gouvernement.    C’est ce gouvernement qui ira à la bataille des élections législatives des  10 et 17 juin pour "confirmer, amplifier" la victoire de François Hollande,  espère la gauche. La droite, de son côté, met en garde contre une concentration  excessive du pouvoir entre les mains des socialistes.    La France est régie par un système présidentiel à forte composante  parlementaire, dans lequel le chef de l’Etat doit disposer d’une majorité à  l’Assemblée nationale pour pouvoir gouverner. Dans le cas contraire, c’est le  Premier ministre qui est le personnage clé de l’exécutif.    François Hollande est le premier président de gauche depuis François  Mitterrand (1981-1995). Il a été pendant onze ans chef du Parti socialiste,  député, mais n’a jamais exercé de fonction ministérielle.

 

 
 Algerie – ennaharonline

 

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