Economie

Grèce: 5.000 personnes dans les manifestations anti-austérité


 Les manifestations anti-austérité de la fête du Travail rassemblaient quelque 5.000 personnes à Athènes à la mi-journée, surtout des communistes, et les ferries sont restés à quai en raison d’une grève des marins. Aucun bulletin d’information n’a été diffusé mercredi par les médias grecs, et des arrêts de travail ont été observés dans les transports en commun à Athènes (bus, métro, trolleys, tramways) et dans certaines banques, le secteur privé n’observant pas cette année de journée fériée le 1er mai. "Le soulèvement des travailleurs de Chicago (le 1er mai 1886, qui a entraîné la création de la fête du Travail par la IIe Internationale, NDLR) montre la voie des luttes contre l’esclavage moderne", proclame un communiqué du syndicat des marins, qui traditionnellement sont en grève tous les ans ce jour-là. Le bal des manifestations a ouvert en fin de matinée avec le Front de lutte des travailleurs (Pame), proche du parti communiste grec KKE, qui a rassemblé sur la place Syntagma devant le parlement environ 4.000 personnes, selon la police. "Non aux bagnes nouveaux. Non au mémorandum (plan d’austérité UE-FMI), peut-on lire sur la banderole principale du cortège, mené notamment par des immigrés du Banglades travaillant dans les champs de fraises de la région de Manolada dans le Péloponnèse. Cette région a été le théâtre d’une récente fusillade ayant fait une trentaine de blessés parmi les migrants qui réclamaient leurs salaires impayés depuis plusieurs mois. Une deuxième manifestation distincte à l’appel des syndicats du privé GSEE et du public Adedy a rassemblé quelque 400 personnes, selon la police. "L’insécurité prévaut chez les jeunes, il n’y a aucune incitation à poursuivre ses études", a déclaré à l’AFP, un étudiant Yiorgos Tavoularis, 21 ans. "(Margaret) Thatcher est arrivée en Grèce avec vingt ans de retard. Nous sommes tous les jours menacés de licenciement", note Katérina M., professeur dans l’enseignement secondaire, faisant allusion à la loi adoptée le week-end dernier sur le renvoi de 15.000 fonctionnaires d’ici à fin 2014. Un troisième cortège organisé par des groupes de gauche a rassemblé quelque 800 personnes, selon la police. Plusieurs affiches dans le centre d’Athènes posées par la GSEE proclament "le 1er mai, jour de mémoire et de lutte". "Nous réclamons des conventions collectives, de l’emploi, de la croissance, des droits sociaux démocratiques", selon l’une d’entre elle. A Salonique (nord), la deuxième ville du pays, 3.000 sympathisants du Pame ont manifesté. Cette année, seuls les fonctionnaires observent un jour férié mercredi, car les commerces et le secteur privé ont obtenu du gouvernement de déplacer la journée chômée au mardi 7 mai, pour pouvoir profiter de la semaine traditionnellement favorable au commerce, de la Pâques orthodoxe qui tombe dimanche 5 mai. Ainsi de nombreux magasins sont restés ouverts mercredi et la plupart des salariés du privé sont allés à leur travail, malgré le mot d’ordre de grève lancé par le syndicat GSEE. Traversant sa sixième année de récession consécutive, la Grèce, première victime de crise de la dette en 2010, a subi des coupes drastiques dans salaires et retraites après son recours au mécanisme de sauvetage de l’UE et du FMI en échange des prêts au pays pour lui éviter la faillite. L’année dernière, les manifestations du 1er mai, avaient rassemblé 18.000 personnes dans le pays car elles s’inscrivaient en pleine campagne électorale et crise politique. 

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